Ce Noël-ci, offrez la vie

Parfois, assez souvent en fait, on veut offrir du plaisir, de la joie, du bonheur, et on finit par offrir des émissions de CO2 à la pelle, des heures d’esclavage, du diabète et des pics de glucose, des nanoparticules toxiques, des engrais chimiques, un continent de plastique, des substances cancérigènes, des cours d’eau souillés, des forêts dévastées.

La mort en barres, merci Papa Noël !

MAIS, mes très chers amis, dans ce Nouveau Monde qu’ensemble nous allons créer, il est possible d’offrir LA VIE. Des expériences qui marquent les sens, et l’esprit. Du lien. Du beau et du bon, avec beaucoup moins de dommages collatéraux.

Dans ce Nouveau Monde, la seconde main est fière et brille de mille feux. La honte change de camp.

Vous manquez d’idées ? En voici quelques-unes, avec dans certains cas mon label « testé et approuvé par Asha Bottée ».

Offrez des places de ciné, des moments partagés au théâtre, au concert, offrez des photos1, offrez des cours, de danse, de chant, de cuisine, de sport, de peinture, de poterie, que sais-je-encore, offrez des massages, des bains sonores, une heure d’apesanteur, une heure de sophrologie. Offrez de beaux objets chinés, de vielles photos brodées, des vêtements responsables conçus et cousus avec amour. Offrez des abonnements à des magazines2, de ceux qui secouent la machine, offrez de la presse indépendante, et même de la sauce piquante.

Offrez des livres3, beaucoup, surtout.

Et, cadeau ultime, offrez des plantes. Parce qu’une plante dont on prend soin c’est le début du chemin, le chemin vers ce Nouveau Monde.

Bref, ce Noël-ci (et tous ceux à venir), offrez LA VIE !

Hier est derrière, demain est mystère, et aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle le présent. (Kung Fu Panda)

  1. https://www.etienneracine.com/allthephotoshttps://jdarmonphotographies.com/boutique/https://www.joannatarletgauteur.com/https://francoisfleury.vsble.me/https://www.francoisdelapampa.com/↩︎
  2. Comme ça me vient : Philosophie magazine, Socialter, Sciences Humaines, Cerveau et Psycho, Uzbeck et Rica… ↩︎
  3. Le plus urgent : Résister, de Salomé Saqué ↩︎

Le club des poètes

Ici, chaque soir, on commande au choix une saucisse-lentilles, un bourguignon-purée ou une tarte aux légumes dont la pâte est rarement assez cuite. On y boit de la bière et du vin, toujours le même. Ici on nourrit son âme avant tout autre chose.

A quelques centaines de mètres de l’Hémicycle, dans une bulle spatio-temporelle dont les poutres apparentes sont envahies de toiles d’araignées, siège une assemblée tout à fait particulière.

On y arrive tôt sous peine de devoir rester debout à l’entrée, on s’y retrouve à table avec des inconnus : « C’est votre première fois ? ».

Son éternel béret vissé sur le crâne, Blaise accueille, serre des mains, prend les commandes, secondé par ses plus fidèles. On y dîne, donc, puis les lumières s’éteignent tandis que s’allument les bougies. Le silence se fait, quelqu’un toque à la porte, Blaise après un coup d’œil irrité à l’œilleton laisse entrer un retardataire qui, penaud, se faufile jusqu’à la première chaise à sa portée.

Et soudain, tout commence. Le monde, sa création, Dieu, l’enfance, l’amour, les combats, les peines, les fleurs fanées, la mort y défilent au rythme des vers de Desnos, Hugo, Baudelaire, Louise Labbé, et Jean-Pierre Rosnay – le père de Blaise et fondateur de ce lieu de poésie, et bien d’autres encore.

Ceux qui les disent, ces vers, sont de tous âges et de tous horizons. Intellectuels, gens d’argent, étudiants, on s’y mélange comme en peu de lieux parisiens, mais ce qu’on ne peut manquer d’y remarquer, c’est cette jeunesse façon nouvelle vague,  filles et garçons suspendus à des pages plutôt qu’à des écrans, qui se suivent sur scène, s’élèvent, s’embrasent.

Maître à scander, Blaise de sa main rythme leurs envolées.

Une pause d’une quinzaine de minutes ponctue les sessions, chacun alors se secoue pour sortir de l’état d’hypnose dans lequel il avait été plongé. On va prendre l’air, se remettre de ses émotions, avant de replonger dans la transe.

Et puis on en repart, soulagé, plus léger, sonné mais libéré, de nouveau en paix avec l’humanité. Car l’on sait, désormais, qu’en certains lieux on peut goûter à la beauté du monde grâce à la pureté des mots. 

MERCI LES AMIS – CHANTER AVEC ZOÉ

Je n’aurais jamais cru que ça arriverait un jour, mais je chante. En faisant le ménage, je chante, dans le métro, je chante, devant mon ordi, je chante. Pourquoi tant de haine pour l’état normal de déprime dans lequel devraient me mettre les tâches domestiques, la promiscuité de ligne 2 à 9h15, ou encore un powerpoint à préparer ? Parce que je me sens bien. Et je me sens bien parce que je chante.

Et tout ça, c’est grâce à Zoé.

Je l’ai connue voilà plusieurs années à la danse et à chaque fois que je l’y ai croisée j’étais heureuse de la retrouver, elle, ses longs cheveux auburn, son calme et son énergie, toujours présente, jamais envahissante.

Il y a presque un an de cela, alors que j’étais en plein mayday existentiel, je suis tombée sur une annonce Facebook où elle proposait des cours de chant à petits prix pour valider sa dernière formation, j’ai pris mon courage à deux mains, et je l’ai appelée.

Les jours où je me sentais incapable de sortir de chez moi, elle me donnait cours en visio, me rassurant quand je n’arrivais plus qu’à pleurer, gorge trop nouée. Mais généralement je préférais me rendre chez elle, petit appartement bohème en plein quartier bobo. Un joyeux bordel de livres, de plantes, et un piano.

Serpent à sonnettes, j’y ai appris à travailler mon souffle, le mettre à profit, à vrombir des lèvres (pas une mince affaire) et virevolter de vocalise en vocalise. J’y ai chanté façon meuf bourrée ou gros bûcheron à bonnet, ce qui m’a totalement désinhibée. Zoé, avec son piano, sa douceur et son professionnalisme m’accompagnait et jamais je ne me suis sentie mal à l’aise, jamais je n’ai eu honte, moi qui ne savais absolument pas chanter… J’avais quelques petits devoirs d’une séance à l’autre (rien de méchant, s’entraîner à faire des vocalises, réviser les paroles des chansons de mon choix…), et petit à petit, j’ai progressé. Réessayer plus bas, plus haut, plus fort, et enfin, avec les conseils de Zoé, la trouver, ma voix.

Est-ce que je chante moins faux qu’avant ? Je le crois ! Mais surtout, parce que Zoé me l’a appris, je joue désormais comme je veux avec mon souffle pour apaiser mon cœur, je joue avec ma voix mon apaiser mes peurs, je joue avec les vibrations de ma gorge pour apaiser mes trapèzes tétanisés par le stress, la pluie et le froid. Singing’ in the rain, rien de moins que ça. Et croyez-moi ou pas, il y a un mois je me suis inscrite à la chorale du taf… Je n’aurais jamais cru que ça arriverait un jour, mais oui, vraiment, je chante.

Voilà des mois que je voulais écrire un mot pour son livre d’or, c’est enfin chose faite.

Et comme j’aime bien chaque année vous filer pour Noël une idée de cadeau avec un peu d’âme dedans, cette fois je ne peux que vous encourager à offrir, ou à vous offrir, un cours de chant avec Zoé.

Pour plus d’infos : ztabourin@hotmail.com – 06 61 58 98 43

MERCI LES AMIS – CLAIRÉJO

Chez certains de mes amis, tout est beau, et bon, et doux. Jeohan et Claire sont de ceux-là. De ces personnes chez qui on n’a plus qu’une envie en triptyque : se prélasser, contempler, rêvasser. Activités intenses que j’ai pratiquées avec assiduité chaque fois que je me suis rendue chez eux, dans leur maison du bonheur en Picardie.

Après des années passées dans un grand groupe de presse – lui en tant que journaliste, elle, en tant qu’iconographe, les deux tourtereaux décident de voler de leurs propres ailes. Il est un temps question d’ouvrir une épicerie fine – Claire cuisine divinement – mais la confection de mortadelle restant tout de même limitée en termes de créativité et le salon du sandwich et du snack chaud leur ayant provoqué quelques crises d’angoisse, l’idée est vite abandonnée.

Après d’ultimes réflexions ikigaïsques, ils décident finalement d’essayer de vivre de ce qui provoque de la joie chez eux, tout en ayant du sens dans le monde tel qu’il va : la chine, la broderie, la retape, le tout depuis chez eux, au vert.

Dans leur boutique on trouve des couvre-lits restaurés, de vieux canevas bien kitsch rafraîchis et transformés en coussins, sacs, pochettes et autres housses d’ordinateurs, et surtout ces photos de famille anciennes, rendues drôles, poétiques, touchantes par le fil de leurs broderies communes et les fleurs séchées de leur jardin. Les bases de ce « visible mending » ont toutes été chinées, tout est fait main, tout est beau, et bon, et doux, c’est du Claire et Jo pur jus, c’est du Clairéjo.

Voilà à peine quelques mois qu’ils se sont lancés, et déjà telle galerie branchée leur réclame des objets, telle icône de la fashion reposte des photos de leurs créations, le Bon Coin les invite à son Super Market des créateurs de Noël, et on retrouve leurs frimousses dans l’édition de Noël de Marie-Claire déco.

Ça c’est pour le glam. Côté coulisses les chouchous travaillent comme des acharnés : et que ça chine, et que ça lave, et que ça recoud et que ça brode et que ça met en ligne et que ça fait sa com et que ça fait sa compta, hop, une boutique éphémère par-ci, hop, une boutique éphémère par là, ça n’arrête pas.

Entre glam et coulisses une seule vérité : Claire et Jo sont épuisés mais heureux !

Parce que le talent et le courage réunis sont rares, je vous encourage à les encourager. Si vous n’êtes pas encore venus à bout de vos courses de Noël, vous aurez compris que vous trouverez chez eux des cadeaux ayant une vraie et belle histoire.

Vous pouvez aussi leur confier de vieilles photos de famille, ils sauront vous les pimper de poésie, ils sont capables de tout les gredins, y compris de vous rendre nostalgiques du vieil et acariâtre papy Roger.

Où les trouver ?

Dans leur toute nouvelle et très belle boutique, A l’Imparfait (la perfection de ce nom…), où ils proposent leurs merveilles aux côtés de celles d’amies créatrices, 24 rue du Château d’Eau dans le Xe.

Sur leur site https://www.clairejo.com/

Et sur les réseaux sociaux : @clairejo.clairejo

Charlot m’est essentiel

Qu’il s’agisse d’affronter une banale scène de baiser devant le film du dimanche soir ou d’exprimer des sentiments, les familles indiennes sont extrêmement pudiques, tous les Indiens vous le diront. Et pourtant… Et pourtant elles sont aussi très tactiles. Je me souviens de mes tantes m’empoignant les avant-bras et les malaxant avec force et amour. Je me souviens du temps distendu que mon oncle avait passé à maintenir ses pouces sur les points de réflexologie de mes mains, un soir que j’étais souffrante, tandis que mes cousins couraient autour de nous dans la maison où se retrouvait la joyeuse tribu maternelle. Je me souviens de ma mère qui me massait le ventre avec ce baume dont l’odeur, depuis, me ramène systématiquement au réconfort trouvé, malgré la fièvre ou la douleur, dans le fait d’être dorlotée. Je me souviens, il n’y a pas si longtemps de ça, de mon père me frottant vigoureusement les pieds pour me réchauffer du froid dont je n’arrivais à débarrasser ni mon corps ni mon esprit.

Je crois bien que c’est cela, que je retrouve chez Charlot. Une forme de pudeur qui m’est familière, et quelque chose d’infiniment apaisant dans la façon qu’il a de prendre soin de moi, lorsque je suis à un stade de rigidification avancée des trapèzes. Son calme, sa présence, le sérieux avec lequel il me pose des questions alors que j’essaie de donner le change avec mes grands éclats de rire. L’attention qu’il porte à mes mots, à mes maux. La confiance qu’il a instaurée entre nous, l’espace qu’il m’ouvre, ses « c’est bon t’inquiète t’es à la maison » quand il me tend un Kleenex  pour que je sèche mes larmes au-dessus du trou destiné à ma tête sur sa table de massage. L’état dans lequel je ressors de son cabinet, élastique et droite en même temps, droite, enfin, sans effort !

Aujourd’hui je suis une maman, et c’est moi qui masse, qui réchauffe, qui écoute, qui prend soin. Mais quand j’ai besoin qu’on prenne soin de moi, c’est Charlot que je vais voir.

Oh, j’aurais pu vous parler de « sa main » comme on dit dans le métier, de sa solide formation, des formations qu’il va lui-même bientôt assurer, des personnes que lui envoient les ostéos, de ses longs cheveux de chanteur de soul et de funk et donc de l’élastique noué autour de son briquet, de sa bande son – à mille lieues du new age – que je kiffe écouter pendant que je me fais masser.

Mais j’ai préféré vous expliquer pourquoi Charlot m’est essentiel.

C’est la période des fêtes mais la saison automne-hiver 2020 n’est pas la plus gaie ni la plus douce qu’on ait connue, je ne peux que vous recommander de faire ou de vous faire ce cadeau : allez faire un tour du côté de Belleville voir Charlot.

06 62 56 36 95 / ca.truchis@gmail.com

Summer of life

Bien sûr il y a ces quelques cheveux blancs qui doucement mais sûrement, poussent, et puis ces petites nervures que tes sourires creusent autour de tes yeux. La différence de densité de l’écorce, delta si cher à l’industrie cosmétique.

Mais à part ça, franchement ça va… Ca va même plutôt bien.

Il faudrait leur dire, aux plus jeunes, comme il est bon d’avoir 40 ans.

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Derrière toi, l ‘impuissance de l’enfance, quand la qualité du terreau duquel tu tentais d’émerger dépendait de jardiniers pleins de bonne volonté, mais aux pouces plus ou moins verts.  Nord, sud, est, ouest, dans quelle direction pousser, autour de quels tuteurs s’enrouler ? Derrière toi, l’incertitude des jeunes années. Pousser, pousser sans trop avoir le temps d’y penser, ployer, ployer, quand souffle la tempête, perdre des plumes et tenir bon.

Et soudain, te retrouver debout,  racines solidement ancrées, ramure déployée, toutes fleurs dehors. Tu sais. Tu sais quelle eau est bonne pour toi, et quand tu n’en as pas assez, tu sais à quelle profondeur aller en puiser, et tu y vas. Tu sais à quelle heure le soleil sera assez doux pour te réchauffer sans te brûler, tu sais de quel parasites te méfier, tu sais à quels saints de glace te vouer. Tu sais, tu fais.

Tu es toi, tu fais avec toi, tu t’aimes bien, enfin.

La récolte sera bonne les amis, cueillez dès aujourd’hui, le bonheur de la vie.

Ta sortie du samedi: Ambivalences de Justine Darmon

JustineDarmon#Projet Ambivalences#LégendeErosetPsyche#Photo 3sur9(1)

Tu entres et tu regardes, comme par le trou d’une serrure. Un homme, seul, une femme, seule, et puis des couples. Tu avances, au pas, non pas parce qu’il y a devant toi un touriste qui se prend en selfie devant la Joconde mais parce que ces corps nus t’hypnotisent. Tu pourrais rester devant chacun d’entre eux pendant des heures, te perdre dans la courbe de cette épaule, dans le demi-jour de cette chambre noire. Tu pourrais les regarder pendant des heures oui, comme on regarde l’être aimé, tu sais.

Tu as chaud, puis tu as froid, tu as le coeur qui bat. Et puis tu apprends leurs noms. Il y a là Perséphone, Pan, Hermaphrodite et Salmacis, Médée, Orphée, Atlas, Hadès, Ariane, Eros et Psyché. Beautés masquées, beautés yeux bandés, beautés divines. Mais ils sont terriblement humains, les dieux de l’Olympe. Une hanche parfaite devient anguleuse là, une peau lisse et ferme ici soudain craquèle. A la perfection d’un buste antique succède une paire de seins divergents, grandeur céleste et fragilité terrestre.

Tes tripes palpitent devant la force de la vie comme devant celle de l’art. Ils semblent si seuls, les sujets de Justine… Solitude voulue, corps déployé, solitude subie, position foetale. Mais seuls.

Les larmes sur une rive, l’orgasme de l’autre, Justine te laisse forcément au bord de l’un ou de l’autre. Tout change lorsque ses sujets rencontrent leur double platonicien. Force et fureur de l’amour et puis douceur de l’abandon. C’est ça. C’est ce après quoi on court tous, intensité et relâchement. Etre aimé, enveloppé. Ne faire plus qu’un, en être plus fort. Complets, enfin, ne serait-ce que l’espace d’un cliché.

Courez-y, ça se passe jusqu’à demain samedi 27 octobre de 15h à 18h à la Galerie Rouen, 3 rue Pérée, dans le 3e.

Un shoot d’art dans ta poche, ni vu ni connu

J’ai rencontré la génération Y. Et je ne m’en suis toujours pas remise.

Elle m’accueille pieds nus, ses cheveux attachés à l’arrache découvrant d’immenses créoles. Sur sa chemise à carreaux, elle porte un haut de survet’ noir à capuche siglé Google. Elle tapote sa montre du doigt et dit “ j’ai 20 minutes ».

Elle a 25 ans. Et bien que je sois plus grande qu’elle d’une tête et d’une décennie, je me sens toute minus. Du haut de ses trois pommes le message qu’elle m’envoie, délibérément ou pas, c’est : on s’en fout de l’apparence. La valeur d’un être humain, c’est à ce qu’il est et ce qu’il fait qu’on la mesure . Et nulle par ailleurs. Bam. Dans ta face Biba, dans ta face Cosmo, dans vôt face Glamour et Vogue.

Au delà de cette leçon de sagesse que ne renierait pas notre ami Rhabi, si je me sens Poucette à ce moment précis c’est que cette nénette a lancé l’air de rien une start up que j’aurais adoré créer. Son associé, Jean, assure la partie technique mais l’idée originelle c’est elle.

artips2Elle, c’est Coline Debayle, co-fondatrice d’Artips, sacrée « jeune entrepreneuse de l’année » par Google. Tu ne connais pas Artips ??? Ouh là là mais kesstufous? On reprend tout à zéro alors. Artips c’est une newsletter que tu reçois trois fois par semaine dans ta messagerie, et qui te raconte une anecdote artistique amusante en une minute chrono. Une minute juste pour toi et ta culture, une minute que tu peux prendre en attendant ton métro, ton dentiste ou ton date. Un peu comme D’Art d’Art mais en version 2.0. en somme. On y parle d’arts visuels (c’est quand même plus facile à illustrer) de façon simple, accessible, efficace. Et en plus c’est bien écrit. En même temps ça peut, vu l’impressionnant parcours d’obstacles que doit parcourir une anecdote avant d’atterrir sous tes yeux ébaubis : « Tout contenu est validé par mon ancien prof d’histoire de l’art à Sciences Po, Gérard Marié, raconte Coline, débit mitraillette. On la réécrit selon la formule magique du storytelling à la Artips et on l’envoie à 150 correcteurs qui lui attribuent une note. Si celle-ci est trop mauvaise l’anecdote part à la corbeille. Si elle est bonne on la soumet à cinq ultimes relous, qu’on appelle nos Alpha et qui sont les meilleurs au monde pour trouver la dernière petite coquille qu’on aurait oubliée. Enfin on l’envoie à nos 100 000 abonnés ».

La newsletter est gratuite, le but étant de réintroduire l’art dans le quotidien mais aussi de démocratiser la culture, pour qu’elle ne soit plus, comme l’a vécu Coline en côtoyant les fils d’ambassadeurs à Sciences Po et HEC, un code discriminant (« Comme le fait de jouer au golf ou de savoir parler d’un vin »). La boite – 3 CDI, 6-7 stagiaires et 120 rédacteurs ponctuels – tourne grâce au catalogue commercial : la petite start up qui monte a tapé dans l’oeil de grands musées et d’entreprises pour lesquels elle produit du contenu. Deux bouquins ont déjà été édités et l’équipe bosse déjà sur tout un tas d’autres idées lumineuses. Adieu les coquillettes, bonjour les pépettes ? C’est tout ce que je lui souhaite, à Coline.

Chapeau, le génération Y…

Pour s’abonner à Artips ça se passe ici.

Plouf ! Un bestiaire à la Prévert pour les nains et leurs parents

Que celui ou celle qui n’a pas baillé au moins 20 fois de suite sous une tente bariolée, improbable lieu de rencontre entre Guignol et Winnie l’Ourson, me jette la première tomate pourrie.

On ne demande pas grand chose finalement : donner à sa progéniture le goût du théâtre, de marionnettes ou autres, et accessoirement l’occuper une heure ou deux (annoncer le show, parler de guignol, faire la queue, payer scandaleusement cher, bailler, bailler et bailler, partir, commenter les propos absurdes de Winnie l’Ourson…). Mais faut avouer qu’on aimerait bien que tout ça soit un peu sympa pour nous aussi. Ce qui est loin d’être évident…

Pourtant, on tombe parfois sur de petits trésors scénographiques, qui nous emportent avec nos nains dans un univers enfantin sans être infantilisant. C’est le cas de Plouf, adaptation de la chouette histoire écrite et dessinée par Philippe Corentin (vérifiez, il est fort possible que vous l’ayez déjà la maison tant le petit bouquin en question a eu du succès).

Je ne vais pas vous spoiler le spectacle, mais je peux vous dire qu’il y est question d’un fromage tout jaune et tout rond dont le reflet attire au fond d’un puits une tripotée de bestiaux rigolos, marionnettes aimantées faites de bric et de broc : un loup aux dents de scie, des lapins- pinces, un cochon Quality-Street, un hérisson coiffé en brosse, et ainsi de suite. C’est original, poétique et, ce qui ne gâche rien, de grande qualité côté BO. Quelques notes de samba, une pincée de jazz (qui eût dit que tu écouterais du Mingus avec ton nain de 4 ans hein !), je n’ai pas tout retenu mais je peux vous assurer que j’ai passé un très bon moment.

Si vous avez un ou plusieurs marmots entre 2 et 6 ans, courez-y donc un de ces week-ends avant la dernière représentation, fin novembre. Après le spectacle, vous pourrez en prime laisser le(s) nain(s) se dégourdir les jambes au grand square Maurice Gardette, juste en face de l’Aktéon, avant de déjeuner façon dînette au Petit Café du Monde Entier, un restau ultra open avec les enfants, avec chaises bébé, couverts adaptés, jeux à gogo et tout le tralala.

Plus d’infos ici.