Plouf ! Un bestiaire à la Prévert pour les nains et leurs parents

Que celui ou celle qui n’a pas baillé au moins 20 fois de suite sous une tente bariolée, improbable lieu de rencontre entre Guignol et Winnie l’Ourson, me jette la première tomate pourrie.

On ne demande pas grand chose finalement : donner à sa progéniture le goût du théâtre, de marionnettes ou autres, et accessoirement l’occuper une heure ou deux (annoncer le show, parler de guignol, faire la queue, payer scandaleusement cher, bailler, bailler et bailler, partir, commenter les propos absurdes de Winnie l’Ourson…). Mais faut avouer qu’on aimerait bien que tout ça soit un peu sympa pour nous aussi. Ce qui est loin d’être évident…

Pourtant, on tombe parfois sur de petits trésors scénographiques, qui nous emportent avec nos nains dans un univers enfantin sans être infantilisant. C’est le cas de Plouf, adaptation de la chouette histoire écrite et dessinée par Philippe Corentin (vérifiez, il est fort possible que vous l’ayez déjà la maison tant le petit bouquin en question a eu du succès).

Je ne vais pas vous spoiler le spectacle, mais je peux vous dire qu’il y est question d’un fromage tout jaune et tout rond dont le reflet attire au fond d’un puits une tripotée de bestiaux rigolos, marionnettes aimantées faites de bric et de broc : un loup aux dents de scie, des lapins- pinces, un cochon Quality-Street, un hérisson coiffé en brosse, et ainsi de suite. C’est original, poétique et, ce qui ne gâche rien, de grande qualité côté BO. Quelques notes de samba, une pincée de jazz (qui eût dit que tu écouterais du Mingus avec ton nain de 4 ans hein !), je n’ai pas tout retenu mais je peux vous assurer que j’ai passé un très bon moment.

Si vous avez un ou plusieurs marmots entre 2 et 6 ans, courez-y donc un de ces week-ends avant la dernière représentation, fin novembre. Après le spectacle, vous pourrez en prime laisser le(s) nain(s) se dégourdir les jambes au grand square Maurice Gardette, juste en face de l’Aktéon, avant de déjeuner façon dînette au Petit Café du Monde Entier, un restau ultra open avec les enfants, avec chaises bébé, couverts adaptés, jeux à gogo et tout le tralala.

Plus d’infos ici.

Garance ou la vie au bout du pinceau

La femme en fleur

La femme en fleur

Il est des noms qui semblent clairement vouloir vous mener vers un chemin de vie plutôt qu’un autre. C’est le cas de Garance, dont le prénom est celui d’une plante, et de la couleur qui en provient. Un rouge profond et doux à la fois.

Or Garance vit, ressent, rêve et danse en couleurs. Du coup Garance peint, elle en a fait son métier. Un métier qu’elle exerce à la campagne, au milieu des fleurs.

Je la connais depuis maintenant plus de 17 ans, autant dire un record amical du genre à pouvoir figurer dans mon Guiness book of records perso. Pourtant, si tout au long de ces années nous avons beaucoup échangé autour de son art, des tas de questions restaient en suspens, que je n’avais jamais vraiment osé lui poser : comment ça fonctionne, un(e) artiste ? Est-ce que la créativité est un truc qu’on te refile au berceau, façon Belle au Bois Dormant ? Est-ce que l’inspiration permet de pondre des tableaux avec la régularité d’une poule aux œufs d’or, ou l’artiste connaît-il/elle l’angoisse de la toile blanche ?

Hé bien j’ai fini par oser et voilà ce que j’ai appris de la Belle au Bois Vivant (ok, je sors).

 Poisson rouge contre éléphant

Contrairement à la plupart d’entre nous, Garance a des tas de souvenirs de son enfance et même de sa petite enfance. Certains d’entre eux sont carrément des souvenirs de rêves, d’autres remontent à la période où elle gazouillait et babillait, mais ne parlait pas encore. Je trouve ça génial, moi qui ne me souviens même plus de l’avant-dernier livre que j’ai lu, du film que j’ai maté il y a deux semaines, ni même de certains épisodes de ma vie. Heureusement, Garance est là pour me les rappeler ! Mais apparemment c’est pas toujours hyper drôle d’avoir une mémoire d’éléphant. Elle dit : « J’aurais préféré oublier davantage de choses ».

 L’enfance de l’art

Son premier souvenir lié à la peinture remonte à ses 4 ans : « C’était à l’école, je me rappelle très précisément avoir peint un hibou : j’ai choisi les couleurs avec soin, je me suis appliquée à dessiner le contour des plumes, j’étais à fond ! ».

Autre souvenir : « Je devais avoir 7-8 ans, j’avais vraiment envie de peindre, tout le matériel à porter de main et une après midi devant moi mais j’étais désespérée parce que je ne savais pas QUOI peindre, et personne ne m’aidait à trouver. J’en ai pleuré de désespoir ». Bah la voilà, l’angoisse de la toile blanche ! Enfin, apparemment ça a été la seule et unique fois où Garance a vécu ce qui me mine depuis des années face à mon écran si souvent désespérément blanc : « Non, je ne connais pas cet état, enfonce-t-elle, complètement innocemment en plus, la garce ! Si je bloque, je mets de côté la toile en cours et j’en commence une autre. C’est le début d’un voyage, d’une aventure, donc ça jaillit, ça explose ! Du coup je peins plusieurs toiles à la fois, c’est une façon de procéder qui fonctionne bien pour moi ». Bon sang mais c’est bien sûr ! Voilà ce qu’il faut que je fasse ! Ecrire 3 nouvelles et 4 articles en même temps ! Je vous tiens au courant hein…

 Mais pourquoi donc ?

Garance peint pour le plaisir de peindre, ça lui fait du bien, un point c’est tout. Même un mur blanc tout couillon fait son bonheur. Vous lui mettez un pinceau entre les mains et hop, la voilà partie. D’ailleurs, ils sont plus d’un à avoir accueilli dans leur nouveau chez eux une peintre en salopette mouchetée de couleurs, version jeune et jolie de Punky Brewster…

Attention pourtant : cette sérénité va au-delà de celle que peut vous apporter le fait de jardiner, de cuisiner ou de faire la vaisselle (si si, lisez Thich Nhat Hanh, vous verrez). Chez Garance, la peinture a à voir avec la survie psychique « A un moment de ma vie, j’ai perdu le fil relationnel, avec moi-même comme avec les autres. La peinture m’a permis de garder les pieds sur terre, raconte-t-elle ». Ca me fait penser à Clooney dérivant dans l’espace de Gravity, c’est vrai que c’est flippant, merci la peinture !

Comment ça marche

Elle dit : « Quand j’ai commencé à créer pour de bon, je ne réfléchissais pas vraiment à ce que j’allais peindre. J’avais des éléments épars qui me venaient et je les mettais en scène les uns avec les autres. Une fois que j’avais terminé, je me rendais compte que j’avais raconté une histoire qui correspondait à ce que je vivais au plus profond de moi à ce moment-là de ma vie. Aujourd’hui je suis plus « consciente », je sais mieux de quoi je parle, ce que j’exprime, mais le processus est resté le même. Des images s’imposent à moi quand je rêve, quand je danse, quand je médite : l’inspiration vient de l’intérieur. Une fois que je suis devant mon chevalet, je lâche le mental. J’entre alors dans une sorte d’état méditatif et je laisse mon pinceau danser sur la toile ». Pour comprendre comment « ça » marche, ajoutez à cela une perception de la couleur et de la lumière assez dinguo : « C’est comme si je voyais ou que je sentais dans chaque couleur – et dans la lumière aussi – tous les éléments qui la composent ». Bon, il est où le kaléidoscope de mon fils ?

 Routine or not routine ?

Garance peint ce qu’elle vit, ce qu’elle ressent (du coup je cogite pas mal à chaque fois qu’elle me montre une de ses nouvelles toiles, c’est comme une énigme à résoudre). Alors forcément, chaque jour est un jour nouveau. Ce qui est certain, c’est que la musique a une grande importance dans le processus, qu’il s’agisse du chant des oiseaux ou d’un morceau, d’un album qu’elle est capable d’écouter en boucle pendant des semaines, voire des mois : « La musique maintient l’énergie de mon ressenti en vie. Elle m’aide à replonger dans des émotions que j’ai pu ressentir plusieurs mois plus tôt ». Un peu comme moi quand j’écoute « Don’t speak » de No Doubt et que je me remémore un des mes (nombreux) chagrins d’amour, en somme. Sauf que moi j’en fais pas grand-chose, à part me dire « bon sang, quel kif de ne plus avoir 18 ans ! ».

L’inspiration

« Ce qui m’inspire c’est ma relation à moi, qui est inévitablement influencée par le monde extérieur, m’explique ma cops. Me prendre comme sujet et être obligée de me regarder attentivement, comme un objet d’étude, essayer de déterminer ce qui fait mon essence… C’est une forme de rencontre avec moi-même ». En effet, Garance se met en scène dans ses toiles. Tandis que certaines restent pour moi très mystérieuses, avec quelque chose d’opaque qui me pousse à cogiter pendant des plombes, d’autres me parlent immédiatement, ou plutôt parlent de moi. Heu, les deux en fait. L’universalité atteinte à travers l’expression d’une subjectivité, le truc des artistes quoi.

Artiste au féminin

Je connais certains types qui fanfaronnent en affirmant que l’art est une histoire de couilles, la preuve, combien de femmes ont marqué l’histoire de l’art et blablabla et blablabla. Je leur explique calmement que c’est sûr que quand la société vous cantonne à l’univers clos du foyer, avec cinq gosses dont il faut s’occuper, sans compter la lessive (à la main jusqu’au XXe siècle tudieu !), les courses, la cuisine et le ménage, ça laisse peu de temps et d’espace à la créativité. Et puis après j’arrête face à leur évidente mauvaise foi, parce qu’au fond je sens qu’ils ont simplement peur de perdre leur pré carré. Garance confirme : «  Quand j’avais 20 ans, que je n’étais pas encore solide, j’ai eu droit à des remarques charmantes du style « c’est pas un métier pour une femme », particulièrement de la part d’ artistes masculins autour de la cinquantaine ». Le genre de petite phrase assassine susceptible d’en décourager plus d’une … mais pas Garance! « J’ai rapidement eu la certitude que la peinture était ma vie et qu’il n’était pas question pour moi de prendre une autre voie, se souvient-elle. J’ai donc fait en sorte d’évoluer dans un cercle relationnel où les gens ne disent pas ce genre de choses». Elle est cool Garance. Moi j’aurais dit « ce genre de grosse connerie de merde » !

La danse et la peinture

Je vais au même cours de danse que Garance. Et je crois bien que c’est la meilleure danseuse que je connaisse. Son expressivité à couper le souffle est servie par un corps souple et puissant la fois qui tisse en tournoyant le lien entre son moi profond – avec lequel elle est connectée en permanence- et ses compagnons de danse, avec lesquels elle interagit avec la plus grande fluidité. Bref. Quand elle m’a raconté ce qui suit, j’ai mieux compris pourquoi son corps en mouvement me fascinait tant : « Quand je danse, mes sensations physiques se traduisent en images. Je peins en ce moment une femme piano qui est née d’un de ces moments : j’étais tellement prise par ma danse que j’avais l’impression que chaque partie de mon corps était une touche, noire ou blanche, et que c’était moi qui produisais cette musique sur laquelle nous dansions tous ». Le genre de truc qui n’arrive que sous acide quoi… Il faut croire que le cerveau de Garance est un laboratoire clandé, j’achèterais bien sa came mais malheureusement la science n’a pas encore suffisamment avancé pour me permettre d’expérimenter ce kif garanti sans bad-trip ni descente hardcore. En attendant je me console en tripant devant ses toiles.
Et si vous voulez faire de même, ça se passe ici !

Etat de grâce

wackelpuddingherz-jellyheart-1417499-mDepuis quelques temps, ils s’étaient remis à sortir à deux. Rincés par les orages d’une relation fusionnelle, ils s’ouvraient enfin au monde. Son amour pour elle devenait moins exclusif, moins tyrannique, tandis que son amour à elle s’épanouissait comme une fleur trop longtemps privée de soleil.

 

– Ca te dit qu’on aille manger dehors ?

– Oui !

Il marchaient main dans la main et on se retournait sur leur passage. Quelque chose en eux parlait à la vieille âme du monde, celle-là même qui avait vu naître l’amour originel.

– Ici c’est bien non ?

– Oui c’est très bien.

Ils mangèrent en silence, nullement gênés par les blancs qui occupaient l’espace entre eux. Elle l’observait à la dérobée. Sa beauté lui coupait le souffle et, si elle s’y attardait trop, lui tordait les entrailles.

Longtemps, il avait essayé de la dévorer, corps et âme. A présent, c’était elle qui aurait voulu arrêter le temps pour fixer cette sensation, sa douceur et sa chaleur tout contre elle, à jamais. Ne faire plus qu’un, encore et encore, pour toujours. Folie pure, élan morbide qu’elle était heureuse de réussir malgré tout à dominer.

Elle piquait des frites dans son assiette sans qu’il s’en offusque, c’était dingue quand on y pensait.

– On partage un dessert ?

– D’accord !

Combien de fois s’était-elle vu répondre par la négative à cette question posée à d’autres? Et combien de temps cet état de grâce allait-il durer ?

– Je t’aime tu sais ?

– Je t’aime aussi maman.

VDM

scream and shout

scream and shout (Photo credit: mdanys)

Y’a des jours comme ça où tout ne va pas pour le mieux…

Des jours où t’en a marre de devoir t’extirper de la couette pour préparer un biberon aussitôt celui-ci réclamé, sous peine de terribles sanctions : la petite tête des mauvais jours, celle qui fronce les sourcils et fait les gros yeux, pleure pour un rien, refuse de manger, de s’habiller, et, bien entendu, de se mettre en route pour l’école alors que l’heure tourne.

Des jours où t’en as marre de répéter « allez, viens » avec une putain de voix mielleuse cinquante fois par jour : pour le sortir du lit, pour lui faire prendre son petit déjeuner, pour l’emmener dans la salle de bains en vue de le débarbouiller, pour l’exfiltrer de l’immeuble, pour le faire marcher dans la rue ; puis le soir, pour le faire sortir de la salle de classe, pour le pousser à quitter le parc où tu t’es pelé pèles les miches pendant des plombes tandis qu’il creusait des trous à la recherche de vers de terre, pour le faire entrer dans son bain, pour le faire sortir de son bain, pour lui demander de passer à table, pour l’inciter à ranger son bordel, pour le mettre au lit.

Marre de cette rengaine:

« Mange.
N’oublie pas de manger, mon grand. 
Tiens, mange. 
Allez hop, une bouchée.
Allez, c’est presque fini».

Et de finir par lui donner la becquée, pendant que ton repas refroidit, parce qu’il a plus envie de gigoter ou de dessiner que de porter sa petite fourchette à sa bouche.

Marre de lui courir après pour l’habiller, marre de te plier en quatre pour faire entrer sa jambe gauche dans le trou gauche de sa culotte, puis de son pantalon. Marre d’avoir encore mis les deux jambes dans le même trou, et de devoir tout recommencer.

Marre d’avoir les mains pleines de merde parce qu’il refuse toujours, à plus de 3 ans, de s’asseoir sur le trône, petit roi fainéant, et qu’avec les couches,  faut dire les choses comme elles sont, tu t’en fous partout.

Marre de l’immuable rituel pré-dodo A-vous-dirais-je-maman-mon-petit-lapin-as-tu-du-chagrin-doucement-doucement-s’en-va-le jour que tu chantes avec l’entrain d’un condamné aux travaux forcés, et donc encore plus faux que d’habitude.

Marre d’essayer de rester calme quand il enlève ses petites pompes et s’assoit par terre en pleine rue parce que tu lui as refusé une sucette.

Y’a deux-trois trucs dont tu n’as jamais marre, faut avouer.  Deux-trois trucs que tu vivrais bien aujourd’hui, demain, après-demain, et pour l’éternité. C’est ta joue contre la sienne, incroyable comme elle est douce, plus douce que tes lèvres qui embrassent son front, le creux de son nez, la chaleur de son cou. C’est vous, gravissant les escaliers de Montmartre, main dans la main. « REGARDE MAMAN, C’EST PARIS ! ».

Mais déjà, sa petite main lâche la tienne. Et le voici qui court, aussi vite que le lui permettent ses petites jambes, au loin.

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Les billes de la gamine, vintage chic

C’est une boutique qui m’intriguait depuis des mois, mais où  je n’osais pas entrer, parce que je ne comprenais pas bien de quoi il s’agissait. A travers la vitrine, je distinguais des meubles étranges, et quelques vêtements. Et puis un jour j’y ai aussi vu un vieux mannequin, taille 44 environ. Ca changeait du taille 36 habituel, j’ai trouvé ça rafraîchissant, alors j’ai poussé la porte.

Une chaise au plafond, des appliques biscornues, des chaussures qui côtoient de la vaisselle sur un buffet, quelques portants avec des vêtements de luxe d’occasion, de magnifiques couvertures et de beaux pulls tricotés main, des sacs et des foulards disposés ça et là… Un joyeux mélange des genres savamment organisé par Cécile Mossard, qui vous accueille là avec son grand sourire, ses yeux qui pétillent et son petit accent suisse.

Originaire de Besançon, cette ingénieure chimiste de formation devenue ingénieuse chineuse a toujours eu le goût des belles choses, et l’œil pour les débusquer. « On n’avait pas beaucoup d’argent à la maison, et mes parents aimaient bien chiner, se souvient-elle. De mon côté, je portais des fringues et des accessoires marrants dont étaient folles les filles du lycée huppé que je fréquentais. Du coup j’ai commencé à me faire un peu d’argent en leur en revendant. Je crois que j’ai toujours eu l’oeil pour repérer ce qui est différent et qui vaut le coup. La nana seule dans une expo où il n’y a personne ? C’est moi ! ».

Cécile tient pendant sept ans une boutique de linge de maison ancien à Besançon, où elle apprend à reconnaître les tissus et la belle ouvrage auprès de ses clientes fortunées. Lassée de monter systématiquement à Paris pour les salons,  elle décide de s’y installer et ouvre un stand aux Puces, où elle vend du gros mobilier, Napoléon III et consorts, puis plutôt du XXe. Un autre cycle des 7 ans s’achève, Cécile qui entre-temps a eu une petite fille, a envie de travailler au chaud (les Puces l’hiver, ça caille!) et avec une clientèle fidèle. Elle quitte donc Saint-Ouen aterrit au 60 rue d’Orsel, près des Abbesses, où elle finit par se faire connaître et apprécier. Pas étonnant, Montmartre aime les personnages, et Madame Mossard en est un !

Sa clientèle ? Des jeunes filles qui veulent s’acheter leur première « vraie » fringue, des touristes entrées là un peu par hasard et qui repartent avec une pièce de savoir-faire français, des bourgeoises au foyer, des bobos du quartier, de vieilles artistes excentriques…Et moi, qui m’émeus en découvrant le toucher incroyablement doux d’un trench Hermès à plus de 3000 euros et repars, tout de même très heureuse, avec un chouette pull tricoté main à 70 euros.

Un jour, je m’offrirai peut-être une veste Chanel, un pantalon Dior ou une manteau de chez Lacroix, mais si c’est le cas ce sera chez Cécile. Parce que ce sera choisi par elle et donc forcément avec goût. Parce que ce sera de la seconde main, et que ça plaît à l’écolo en moi. Parce que ce sera du luxe abordable (adieu, doux trench…), ce qui réjouira à ma banquière. En attendant, si vous me voyez avec un beau pull tricoté main, vous saurez qu’il ne me vient pas de ma grand-mère, qui au demeurant confectionnait de très bonnes pâtisseries indiennes. Et si vous avez un cadeau à faire à une personne qui aime les belles choses, vous savez où aller !

Les billes de la gamine, 60 rue d’Orsel, 75018 Paris
http://www.lesbillesdelagamine.com

Dimanche et lundi de 14h30 à 18h30, mardi à samedi de 12h à 19h, fermé le mercredi.

As-tu assez de vraies bonnes copines?

Woman-power symbol (clenched fist in Venus sig...

credit: Wikipedia

C’est quoi une bonne copine ? C’est une nana qui sait toujours à peu près si le temps est beau ou pluvieux sur tes paysages intérieurs, avec qui tu partages certains goûts et dégoûts, des mojitos, des confidences, de bonnes poilades  et parfois quelques larmes. Une frimousse que tu ne te lasses pas de voir.

Mais c’est quoi, une VRAIE  bonne copine ? C’est cette personne sur qui tu peux compter, qui est là quand tu as besoin d’elle. Friends in need are friends indeed

Maintenant, imagine un monde REMPLI de vraies bonne copines, toujours prêtes à se rendre service. Utopie ? Pays imaginaire ? Rêve fou ? Ben non. Ce lieu existe, Il a été crée par Florence Haxel, la très très bonne copine de toutes les minettes de France et de Navarre, une jeune femme pleine d’énergie et d’idées, qui  a eu envie, un jour… de changer le monde, tiens donc.

Besoin d’un baby-sitting de dépannage? De conseils en relooking ? D’une pro pour te coacher avant un entretien d’embauche ? D’aide pour organiser l’anniversaire de petit dernier ? D’une partenaire de tennis ? Pas de problème : tu vas sur mesbonnescopines.com, tu t’y inscris, et parmi les 32 000 bonnes copines de l’autre côté de l’écran, il y en aura forcément quelques unes qui seront en mesure de faire quelque chose pour toi. Oui, 32 000. Et bientôt, je te le prédis, tu en auras bien plus que ça.

Mes Bonnes Copines, c’est le premier réseau social d’entraide féminine en France. On y parle coups de pouce et bizz : Tu donnes un coup de pouce et en remerciement, tu reçois une bizz de la copine que tu as aidée. Avec cette bizz, tu peux toi-même bénéficier d’un coup de pouce. En gros, tu donnes à la communauté et la communauté te rend. Tout ça sans avoir à débourser le moindre kopeck.

Si ça te chante, tu peux intégrer un des nombreux groupes qui se sont constitués sur le site. Pour te donner une idée, ceux qui cartonnent le plus en ce moment sont : « Les bonnes copines de Paris et de sa proche banlieue», «les meufs de la com », « tricoteuses, couturières, et autres travaux d’aiguille », ou encore « business women parisiennes et IDF ». Parce que,  j’avais oublié de te le dire, mais ça réseaute sévère sur MBC. Ca s’échange bons plans, conseils et formations. Girl power quoi.

J’ai moi-même enfilé mes bottes pour me rendre à l’une de ces soirées « pro », le Networking des Tsarines ça s’appelait, et je me suis retrouvée avec une trentaine de nanas passionnées, courageuses, curieuses, enthousiastes, motivées, déterminées… Que des bonnes vibes en somme. Il y avait là des consultantes, des journalistes, des naturopathes, des coach en relooking, des nanas en reconversion professionnelle. Entrepreneuses et entreprenantes, au sens amical du terme. On s’est présentées, on a bu du champagne, on a suivi une formation accélérée hyper-drôle de Nadia Akkari en personnal branding (à ne pas confondre avec le personnal branling, nous a-t-elle précisé), on a papoté, certaines ont échangé des cartes de visite, bref, ce fut cool et productif.

Tout ça pour te dire que rejoindre Mes Bonnes Copines, c’est faire un petit pas pour la femme, mais un grand pas pour l’humanité. Parce que quand les femmes avancent, l’humanité avance, et ce n’est pas Muhammad Yunus qui dira le contraire…

Allez, viens, on agrandit le cercle !

Mon enfant, ma sœur
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Au pays qui te ressemble !
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Valentine’s Day stinks

Si vous avez lu ça et ça, ou encore ça, vous savez déjà que j’ai un peu de mal avec les impératifs, les exercices imposés, les oukazes et autres diktats. Vous vous doutez donc que je ne porte pas la Saint-Valentin dans mon coeur.

Aaaah, la Saint-Valentin. Cette magnifique journée où les petits coeurs trop choux envahissent les vitrines, où les tables des restaurants sont illuminées de tas de petites bougies trop mignonnes – le chef prépare un délicieux dessert à la vanille et au gingembre, vous allez vous régaler, annonce le serveur avec un clin d’oeil appuyé. Cette formidable date à marquer d’un petit coeur rouge (vous allez en bouffer du coeur, je vous préviens) sur son agenda, sous peine, dans certains couples, de déclencher une guerre thermo-nucléaire. Ce jour tant attendu des célibataires amers, ravis qu’on leur renvoie à la gueule leur non-conformité. Cette grande et belle fête de la consommation, où l’on vous somme de prouver votre amour à longueur de pubs, d’affiches, d’articles, de reportages, et de playlists langoureuses. Dites donc, en écrivant, je viens de réaliser un truc de dingue. CON-SOMMATION. Mais c’est énorme!

Je sais pas vous, mais moi il me semble que la Saint-Valentin fait surtout la joie des  filles qui sont restées bloquées sur leurs histoires de prince charmant. Catherine Monnot, antropologue à l’EHESS, à l’air d’accord avec moi dans cet article de la brigade de la répression du vice d’Atlantico.

Ah oui, j’oubliais au passage la véritable joie des vendeurs de roses pakistanais, quand même. Et puis celle des fleuristes en général, des restaurateurs, des papetiers (pour les jolies cartes pleines de coeurs), des bijoutiers, des parfumeurs, des vendeurs de lingerie, et tutti quanti. Celle de l’Occident commerçant, appliquant tout en douceur sa vaseline goût vanille-gingembre au cul du reste du monde.

Le monde entier fête donc la Saint-Valentin, même Le Brésil qui a pourtant sa propre fête des amoureux le 12 juin, la Chine (Le Qi Qioa Jie, le 7e jour du 7e mois du calendrier lunaire), la Colombie (Le 3e samedi de septembre), Israel (Tou Beav, en juillet ou août) (Merci Wikipedia hein)…  Y’en a que ça énerve… Je ne les aime pas beaucoup mais sur ce coup là, je les comprends un peu…

« Cette nana est aigrie, elle a pas de mec », entends-je déjà. Désolée les cocos mais ça fait à peu près 15 ans que je n’ai pas passé de Saint-Valentin seule. C’est d’ailleurs fort dommage, je m’imagine bien revêtir mon plus beau porte-jarretelle et aller écumer les bars et les clubs de Paris au cours d’ une chasse à l’homme d’anthologie.

Durant de ces 15 années donc, j’ai eu trois Valentins différents. Et je les ai vus, tous les trois, m’observer avec appréhension la première année, quand, le jour fatidique approchant, on entendait ou voyait le premier spot de pub pour la Saint-Valentin. Je les laissais  quelques secondes à leur angoisse, et mettais fin au supplice, d’un laconique : « T’inquiète, moi aussi je trouve que c’est naze, cette fête à deux balles ». Et soudain, leur regard s’illuminait, plein de gratitude. Finalement, je leur faisais ainsi le plus beau cadeau de Saint-Valentin de leur vie. Pas de « je t’aime » forcé, pas de prise de tête pour trouver un putain de cadeau, pas d’horrible dessert vanille-gingembre à avaler.

C’est cool, parce qu’apparemment, y’en a chez qui ça ne passe pas, les « je t’aime » forcés. À sa décharge, je tiens tout de même à signaler que ce charmant rappeur est finalement plus proche de la signification originelle de la Saint-Valentin que les marchands du temple. Les Lupercales romaines célébraient en effet la fécondité, l’amour physique, plutôt que l’amour tout court. CQFD

Pour finir, et pour savoir si je suis complètement à côté de la plaque ou pas, je vous propose un petit sondage vite fait, dont je vous communiquerai évidemment les résultats dans un prochain post, à condition bien sûr que vous soyez plus de deux à répondre.

A vot’ bon coeur!

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You talking to ME?

Hier, c’était la journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Encore une journée à la noix ? Ben disons que quand on sait que dans le monde, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au moins une fois dans sa vie, ou encore qu’une femme meurt de violences familiales tous les deux jours et demi, on se dit, ouais, y’a encore du taf.

J’ai de la chance, je n’ai pratiquement jamais peur dans la rue. Je ne sais pas d’où ça vient, mais j’ai instinctivement développé les bons réflexes, ceux qui font qu’on ne m’emmerde pas. On me dit bonjour, je salue  en retour, et je trace. On m’interpelle, « Ouaich princesse ? », je souris et je trace. On insiste ? « Hé madmoiselle, tu voudrais pas qu’on aille boire un café ensemble ? », je décline poliment, invoquant un nécessaire retour à la maison « auprès de mon mari et mon fils », et je trace. Ca calme, direct. Fait étrange, on ne me dit jamais « t’es bonne », mais « vous êtes charmante ». C’est vexant, mais je remercie tout de même, et je trace.

Cover of "Grindhouse Presents, Death Proo...

Bon, c’est vrai, quand je rentre de teuf tard le soir, ou tôt le matin, que je suis seule dans la rue, que je passe par un quartier chaud ou à côté d’un groupe de mecs bourrés, je suis pas hyper rassurée. Là il faudrait écrire «je fais pas la fière», mais si justement, je fais la fière. Je me redresse, le regard droit, et j’avance d’un pas décidé. Avec mon corps, je dis «j’ai pas peur». Parfois, même, mes poings et ma mâchoire serrés marmonnent «Putain les gars, zavez pas intérêt à me péter les couilles». Quand je un peu paf, il m’arrive même de me faire un petit Actors Studio dans ma tête, en mode «YOU TALKIN TO ME ?!?». Mais le mieux, c’est encore quand j’ai ça dans les oreilles. Une meuf d’1,74 m, 64 kg, qui avance l’air véner tout en chantant – faux – du NTM avec une grosse voix, et en faisant popopopop avec ses mains, ben, j’vous jure, on la fait pas chier.

Mais il y a eu deux fois où j’ai pas réussi à faire la fière. La première fois, je devais avoir autour de 20 ans, un type m’a mis la main au cul. Du genre bien empaumée, vous voyez. En pleine rue, en plein jour. Le temps de l’information remonte de mon cul à mon cerveau, et que mon cerveau réussisse à l’analyser, le mec était trop loin pour que je lui éclate les bourses. J’ai juste réussi à hurler insanités d’une voix suraiguë, c’était pitoyable. J’étais rouge de honte, de colère, j’ai eu la haine pendant des heures. Une haine accompagnée de dégoût, pour mes fesses qui avaient attiré la main de cette raclure de bidet, pour cet infâme libidineux, et pour ces obsédés de mecs en général. Voilà à quel type de généralisation débile peut mener un geste déplacé.

La deuxième fois, je rentrais dans mon appart de célibataire, dans une grande tour du 13e arrondissement. Il devait être minuit et demie, pas grand monde avenue d’Italie. Un mec me complimente, je remercie et je trace, vous connaissez la rengaine. Le gars insiste, je lui dit que NON, je ne suis pas intéressée. Il se met à me suivre. Là, je balise. En fait, j’ai senti très nettement que mon cerveau s’embrouiller. J’étais tout près de chez moi, mais je ne pouvais pas entrer : je ne voulais pas qu’il sache où j’habitais. J’ai supplié mes neurones de m’aider, elles ont eu pitié et m’ont conseillé d’emprunter le passage sous la tour, pour entrer par la porte secondaire, sur une autre avenue. J’ai couru, agité frénétiquement mon badge magnétique devant la porte – on aurait dit une ado hystérique dans Scream, je me suis précipitée dans le hall d’entrée et sans même avoir le courage de vérifier si le type m’avait suivi ou pas, j’ai bondi dans l’ascenseur. En ouvrant la porte de mon appart je me demandais toujours si le gars n’allait pas surgir du deuxième ascenseur (Merci Scream). Bref, j’ai échappé de peu à une belle crise cardiaque, et j’ai eu un peu de mal à m’endormir, ce soir-là…

Depuis, je me sens un peu plus concernée quand on parle de violences faites aux femmes. Voilà entre autres pourquoi je suis allée assister hier, au  «stage d’autodéfense verbale» organisé par le Pôle Egalité Femmes-Hommes de l’université Paris Diderot. Là, deux instructeurs et une instructrice de l’asso « Operationnal Defense System », qui animent régulièrement des cours d’autodéfense dédiés aux femmes, nous ont donné des clés de compréhension (les mécanismes de l’insulte, le cadre législatif…) et surtout, des outils à retenir et des réflexes à acquérir: marcher d’un pas décidé, la tête haute, se tenir droite.  Dans le métro ou le RER, si on est seule le soir, se rapprocher des caméras ou de la tête de train, près du conducteur. Ne pas se laisser atteindre émotionnellement par l’insulte. Gérer son stress pour éviter d’émettre tout signal corporel trahissant la peur. Toujours garder une distance de sécurité. Ne pas baisser la tête ni les yeux en cas de contact visuel mais détourner le regard, horizontalement. Commence à faire du barouf si le gars ne lâche pas l’affaire, etc. etc.

Après le cours théorique, on a eu droit aux TP, on s’est bien marrés tout en apprenant des tas de trucs. Du coup, c’est décidé, je vais tenter le LSD. 30 euros pour 3 heures de cours, 30 euros pour gagner en assurance et apprendre à faire un bon kick en cas de besoin, je prends !

Vous en voulez encore ?

  • Le lien vers le site de Ladies System Defense
  • Une chouette animation réalisée par mon pote Gautam
  • Un court métrage bien prenant qui se passe de sous-titres (à quand les cours de Self Defense gratuits et obligatoire en Inde, en Egypte et dans tous ces pays où la femme s’en prend plein la tronche ?)
  • Le projet crocodiles, ou la violence des  rapports hommes-femmes au quotidien en BD

Et vous les filles, vous avez déjà subi des violences verbales, ou physiques? Les garçons, vous avez déjà dû intervenir pour protéger votre chérie ou une inconnue? Vous avez des astuces anti-relous? Partagez!

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Achetez mon livre!

Bon ok, j’y vais un peu fort. Il ne s’agit pas de MON livre, mais d’un livre que j’ai écrit après une série d’entretiens avec le docteur Grandsenne, un chouette pédiatre qui exerce depuis une vingtaine d’années. Autant dire que le bonhomme en a vu passer, des petits monstres souriants, rigolards, geignards, dans son cabinet.

Je me souviens très bien de l’état dans lequel j’étais après notre premier entretien. Surexcitée. À l’idée d’avoir, pour la première fois, mon nom sur la couv’ d’un bouquin, même en police 2,5. Furieuse. Que personne ne m’ait expliqué plus tôt  ce que je venais d’apprendre en moins de deux heures, des informations qui m’auraient été vraiment utiles au cours de ces deux premières années à faire connaissance avec mon zouzou (MAIS BORDEL ! Pourquoi il pleure, alors qu’il a dormi, que je l’ai nourri, changé, câliné et que j’ai dansé la lambada pour lui offrir un divertissement de qualité ?!?). Rassurée. Par la perspective d’obtenir des réponses aux questions présentes et à venir.

 Donc, si vous possédez vous-même un nain (de moins de six ans), je ne saurais trop vous conseiller de cliquer ici pour commander votre exemplaire. Vous pouvez aussi en mettre quelques dizaines de côté pour vos cadeaux de naissance à venir, je vous promets que ça servira bien plus qu’une nième peluche !

 Allez, bonne lecture !

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Avez-vous vu la Vulve d’Adèle?

Cannes Film Festival

Photo credit: Wikipedia

Je sais bien que je ne suis plus dans le cœur de l’actualité culturelle, qu’il faudrait plutôt évoquer ici le Goncourt ou le Renaudot.

Mais j’ai préféré attendre avant d’écrire ce billet, histoire de me calmer un peu, de prendre du recul. Et puis, je reste tout de même dans l’actualité cul-turelle.

Avec deux semaines de re-cul, donc, je me pose toujours la même question : pourquoi n’y a-t-il pas de catégorie« porno » au Festival de Cannes ? Le film de Monsieur Kechiche aurait remporté le prix du meilleur film pornographique. Une autre œuvre, plus méritante, aurait obtenu la Palme. Et je ne me serais pas ennuyée pendant 1h30 (soit la moitié du film) ni n’aurais été plongée dans l’embarras le plus profond par ces scènes de sexe interminablement crues (10 minutes ? 20 minutes ? Je ne saurais dire combien de temps moi-même et les spectateurs de la salle 1 du Louxor avons été paralysés par ces han-han et ces splotch-splotch sans fin). Monsieur Kechiche, il me semble  que les gens qui ont envie de se taper une petite branlette devant un film de boules – pardon, de chattes –  préfèrent faire ça chez eux ou dans l’intimité d’une cabine destinée à cet effet. Mais peut-être me fourvoie-je…

Tout n’est pas à jeter, évidemment. Kechiche sait filmer la vie : ça sonne vrai, ça sonne juste. Il a su retranscrire l’adolescence, ses affres, ses émois, la brusque alternance de ses joies et de ses peines, ses moments de communion et de solitude. Mais souvent, il en fait trop.

Kechiche aime les longueurs et les répétitions, son cinéma en devient lourd. Chez les prolos, on parle boulot et on n’aime pas les homos.  On ne mange pas, on bâfre, sauce bolognaise au menton. Chez les bourgeois, on parle art et épanouissement personnel, on reçoit au champagne et aux huîtres. Passe encore. Mais nous montrer aussi souvent et aussi longtemps Adèle mastiquant, bouche ouverte ?!? Nous la faire pleurer, et filmer avec autant de délectation sa morve coulant, coulant, n’en finissant plus de couler?!? Pitié !

Voilà qui me ramène à mon premier propos. Les longueurs, les répétitions, le cul bien cash… Tout cela décidément rentre bien dans la case porno. Si Kechiche se décidait à se lancer dans cette industrie, dont le niveau se verrait ainsi considérablement relevé, on recommanderait chaudement à Youporn de le classer dans les sous-genres « fetish» (pour la mastication et mouchage), « cunnilingus », « lesbian ». Et « teen», bien sûr.

Que dites-vous ? C’est de l’art, pas du cochon ? Mais monsieur, je croyais que l’art était, entre autres, un moyen de sublimer la pulsion sexuelle… Or, de sublimation, ici, je n’en vois point. Cochon va.

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