La minute Com – Pourquoi #RestezChezVous est un hashtag de merde

Je ne sais pas d’où est parti ce hashtag. Mais plus le temps passe, et plus j’ai envie de le faire bouffer à la personne qui en a eu la brillante idée. Pourquoi ? C’est très simple.

Tout d’abord parce qu’il y a à l’intérieur un verbe à l’impératif. Qui aime les verbes à l’impératif, sérieusement ? Le seul qui passe, c’est peut-être « Prenez soin de vous ». Et encore, Garnier a tout fait foirer avec son « Prends soin de toi ».

Ensuite, « restez chez vous » exclut le locuteur. Donc quand tu lis ça, tu as l’impression que le gars (désolée les gars, ça tombe beaucoup sur vous en ce moment – mais c’est encore un autre sujet), tu as l’impression, donc, que le gars se pose en citoyen absolument modèle, irréprochable, impeccable, qui va, lui, supporter sans ciller le printemps confiné. Et à qui font envie les types qui se posent en citoyens-modèles-irréprochables-impeccables sérieusement ? Vous vous souvenez, le premier de la classe tête-à-claques ? Bon, voilà.

En outre, le « restez chez vous » peut faire péter les plombs à ceux qui, depuis leur 30 m2-sans-luminosité-avec-les-bébés, se demandent si cette injonction n’est pas le fait de celui-là même qui fait son yoga quotidien depuis la terrasse en teck de sa résidence secondaire « au vert ». Ils n’ont rien contre les gens qui ont des résidences secondaires au vert, s’ils avaient une résidence secondaire au vert ils s’y confineraient avec joie. Mais justement, les joies du « chez soi » ne sont pas les mêmes pour tous, et donc un « restez chez vous » potentiellement asséné depuis une terrasse en teck leur reste un peu en travers, ce que l’on comprendra aisément.

Voilà pourquoi, je crois, ce hashtag est à chier.

Attention, je ne suis pas en train de vous dire d’aller batifoler dans les rues. Je suis en train de dire que les termes qu’on choisit, que la posture qu’on adopte, ont leur importance. Qui est le capitaine qui d’un mot fait se relever des troupes exsangues ? Qui réussit à faire s’élever du champ de bataille cette clameur qui porte la victoire ? Eh bien c’est le gars qui crie « Allons-y, mes amis ! » et qui se jette le premier vers les lignes ennemies. Pas le connard qui dit « Allez-y, mes braves ».

#RestonsConfinés #OnVaEnChierMaisEnsemble #PutainCestChaudMaisOnVaYArriver #LetsStayHome #YesWeCan #LetsDoIt

PS : ouais, je suis tout à fait consciente que la nature quelque peu agressive de ce post puisse être, elle aussi, contre-productive. Mais je m’en fous, chuis pas sur twitter moi, et je ne révolutionne pas le monde avec des hashtags.

La minute Com’ – Petits conseils à l’usage de mon pote « alter »

J’ai toujours aimé l’entre-deux. En soirée, tu me verras souvent à la fenêtre, mais tournée vers l’intérieur. Ou alors sur le pas de la porte de la cuisine (oui, c’est moi qui te bloque toujours l’accès à la contre-soirée, désolée). Sans doute parce que j’aime flotter entre deux ambiances, goûter à tout, sans prendre le risque de me retrouver enfermée ici ou là. Sans doute aussi parce que cet entre-deux me permet de garder la distance nécessaire pour observer, et essayer de comprendre. Les postures des uns et de autres, les dynamiques au sein des groupes…

Ce goût pour l’observation et l’analyse a trouvé son prolongement dans mes études de communication (cette petite précision pour apporter un minimum de crédibilité à ce que je vais raconter. On m’a appris comment faire passer un message, comment faire en sorte que la forme serve le fond). Quant au flottement, il se retrouve dans le fait que je fréquente aussi bien des costumes-trois-pièces aux souliers bien trop vernis que des pulls en poils-de-cul-de-chèvre.

Un champ d’observation large, donc. Mais c’est me formant aux massages de bien-être puis en plongeant dans la danse libre que j’ai eu le loisir d’observer de près cette tribu qui est un peu devenue la mienne, celle des « alter ». Je sors ici de la notion purement économique de l’alter mondialisme pour désigner, en gros, ceux qui comme toi et moi pensent qu’un autre monde est possible : dans le rapport à soi, aux autres, à la Terre sous nos pieds, aux cieux au-dessus de nos têtes.

Je t’aime bien, gars. Vraiment. Tu es plein de bonne volonté, tu portes en toi les graines du changement dont Demain a besoin et, contrairement à ceux qui ne font que blablater, tu te bouges, tu modifies la façon dont tu vis, dont tu consommes, parce que tu portes en toi l’esprit du colibri.

Le fond y est, donc. Mais franchement, je te l’assure, je te le jure, il faut que tu taffes la forme. Surtout là, depuis qu’on s’est pris le Virus sur le coin de la gueule et que le changement, c’est vraiment maintenant.

Laisse-moi t’expliquer.

Certes, on dit « L’habit ne fait pas le moine ». Mais ça c’est une maxime, un petit bout de sagesse qu’on doit tous essayer de garder dans un coin de nos têtes. Nos cerveaux, eux, ne sont pas ceux des grands sages, pas d’emblée en tout cas. Ils sont même parfois assez couillons. C’est-à-dire qu’ils doivent traiter un nombre phénoménal d’informations en permanence et que dans leur recherche d’efficacité, eh bien, ils catégorisent, très très vite. Autrement dit : ils mettent tout dans des cases.

Alors si toi tu veux juste être dans une case dans laquelle tu es bien au chaud, avec ses signes de reconnaissance propres (on appelle ça une communauté), très bien, je ferme ma grande gueule. Habille-toi comme tu veux, parle comme tu l’entends, et assainis tes aisselles quand ça te chante. Mais si ton but est d’apporter le changement, tu seras d’accord pour dire qu’il te faudra faire découvrir ta vision, ton univers, donner envie et, qui sait, convaincre. Ce qui ne sera pas possible si on te met dans la case « marginal perché », à moins que tu aies l’étoffe d’un Gandhi.

A partir de là, il faut que tu saches deux trois trucs. C’est peut-être injuste, mais c’est comme ça : porter un bonnet péruvien, c’est te tirer une balle dans le pied. Avoir des odeurs corporelles douteuses, c’est la garantie d’un social distancing efficace, certes, mais ça ne favorise pas l’échange rapproché dont tu auras besoin pour répandre la bonne parole une fois que le Virus aura clamsé. Agiter les mains comme dans « Ainsi font font font les petites marionnettes » au lieu d’applaudir à la fin d’une session de danse te donne juste l’air d’un gogol. Sérieusement, d’où tu sors ça ? D’une retraite vipassana ? Très bien, ça, la retraite vipassana. Mais oh hé, t’es revenu dans la vraie vie là, et encourager, féliciter, remercier, ça passe très bien en produisant un son à l’aide de ses deux mains, demande au personnel soignant à 20h05, il te le confirmera.

Réfléchis. Réfléchis à l’effet que tu produis en disant « gratitude » à quelqu’un au lieu de lui dire, tout simplement, « merci ». La SIM-PLI-CI-TÉ mec. Celle qui fait que tu n’as pas non plus besoin de dire « je me connecte au moi qui a envie de se connecter à toi ». Connecte-toi à ce que tu veux, à n’importe lequel de tes « moi », mais ferme-là, ça sera mieux si tu veux qu’il reste quelqu’un face à toi à qui te connecter. Si tu as des doutes, c’est pas compliqué, réfère-toi aux Grands du changement, ceux que tout le monde écoute. Est-ce qu’il parle chelou, Rabhi ? Non. Est-ce qu’il parle chelou, Ricard ? Non plus. (Attention attention, Ricard est habillé chelou parce qu’il est moine bouddhiste, ne vas PAS essayer de faire pareil !).

L’autre jour, je me disais que les putains de coffee-shop bobos avaient plus fait pour la cause vegan que toi et tes bonnets péruviens. Attention, les coffee-shop et leurs putains de lattè avec des formes de cœur sont loin d’être ma tasse de thé. Non pas que j’aie quoi que ce soit contre les cœurs. Simplement, quand tout le monde se met à instagrammer des lattè avec des cœurs dessus, ça me donne envie de gerber. Un monde de clones, tout lisse.

Toi ta chance c’est que tu as des aspérités. Utilise-les comme il faut. Mets-les en valeur intelligemment. Sers la cause au lieu de la desservir.

A moins que ça te fasse tripper qu’on te range dans la même case que lui :

Allez, sans rancune l’ami, on se retrouve Demain…

PS : l’ami était un mec aujourd’hui mais ç’eût pu être une nana. J’ai juste vraiment eu la flemme pour l’inclusif.

La guerre encore, toujours, partout

Quand j’ai récupéré mon fils ce matin là, l’ennemi avait déjà gagné du terrain. Je le savais, chaque minute qui passait voyait la vermine progresser, menée par de jeunes officiers assoiffés de sang.

J’ai alors rassemblé mes forces et mes troupes. Nous avons à notre tour été sans pitié, ratissant le moindre cm2. Nous agissions avec méthode et détermination, ne laissant aucune chance à ceux que nous faisions prisonniers : d’abord l’électrocution – notre cher Président ayant considérablement augmenté le budget de la Défense, nous disposions d’engins issus de la plus haute technologie – puis la noyade. Au bout de quelques heures, des centaines de cadavres flottaient à la surface de réservoir qui jouxtait le champ de bataille.

Nous étions épuisés, mais galvanisés par la victoire qui, rougeoyante, se profilait à l’horizon. De glorieux chants de guerre emplirent nos poumons lorsque la dernière des vermines fut écrasée.

Fourbus mais rayonnants, nous bivouaquâmes non loin de notre cimetière aquatique. Ivres de joie, nous trinquions à l’avenir, aux galons des uns, aux médailles des autres, quand soudain se dressèrent devant nous quelques silhouettes, pâles et terrifiantes. Ah les enflures, ah les raclures… Jusqu’alors dissimulées sous les herbes hautes et drues, elle s’apprêtaient à nous occire.

Nous avions tout donné, les forces désormais nous manquaient pour le corps à corps final qui finirait, à n’en pas douter, par nous anéantir. Je n’avais plus le choix. Je m’emparai de la tondeuse, et appuyai sur le bouton rouge. Vermines et herbe hautes volèrent en tous sens. Ce fut un carnage, que je ne pus maîtriser. Voilà pourquoi je ne m’étais jamais résolue, lors de mes faits d’arme précédents, à faire usage de l’Arme Ultime. Je savais que les dommages collatéraux seraient terribles. Mais quelque chose, cette fois, avait cédé en moi. J’avais pété les plombs.

A présent mon fils ressemble à une tondue d’après-guerre et moi je chiale-ris nerveusement.

Et le pire, c’est que je crois que la vermine a réussi à ramper jusqu’à moi. Elle est sur ma tête, elle est dans ma tête, CONFINEZ-MOI!!!

 

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Jour après jour

Rideau. Lever.

Tu allumes ton extension digitale, non parce que t’es accro, mais parce que si la lumière bleue empêche de dormir, elle doit bien aider à se réveiller, tu te dis.

Petit déjeuner avec Nicolas D. Tu préfèrerais Edouard B. mais il faut bien s’informer quand on n’a pas la télé…

Ligne 13. Compressé, le trajet. Tu les a toujours un peu méprisés, les tireurs de tronche du métro. Maintenant t’as juste envie de les prendre dans tes bras. Pour les féliciter de réussir à supporter ça chaque matin chaque soir de chaque semaine de chaque année. Et sans doute aussi, pour te réconforter.

Tu sors de la boite à rouler, pour entrer dans la boite à taffer. Tu poses tes fesses sur un siège à l’ergonomie bien pensée, tu colles tes yeux sur à l’écran, illuminé. C’est parti pour une journée. Tu te lèves, café.

Dix mails, tu t’empêches autant que possible d’écrire des trucs comme « je reviens vers vous asap ». Il te faut quelque chose pour supporter ça. Allez, du chocolat. Tu te lèves, tu te poses sur cette chaise à l’ergonomie bien pensée, qui, tu le sais, va bientôt devoir supporter des fesses engraissées.

D’ailleurs tiens, c’est l’heure d’aller dans la boite à manger.

Des légumes, mon royaume pour des légumes, en prévision des madeleines à l’huile de palme hydrogénée du goûter. Bon, les gens sont gentils. Tu ne devrais pas te plaindre. Tu as un travail, avec des gens gentils. Pense aux petits Syriens. Mais tout de même, plutôt que de la pluie et du beau temps, tu aimerais bien les écouter parler de leurs peines et de leurs joies, des instants qui ne finissent pas (Yaourt perso de Youssou N’ D. et Neneh C. NDLR).

Tu te rassois, prête pour tes deux-trois heures quotidiennes de torture. Ne. Pas. Laisser. Faire. Ces. Paupières. Soulever. Ces. Paupières. 2h40 aujourd’hui, tiens.

Réveil/union. Ah ! C’est mieux, on est comme au spectacle. Ici à côté du téléphone spécial conf-call le jeune cadre organisé, là près de la porte le bientôt-retraité blasé, ici la chargée de projet motivée, là le stagiaire éparpillé. Aaaah, les mots clowns, les voilà, on les attendait ceux-là. Copeel, Brife, Line, mes amis. Quand ça commence à partir de sucette il y en a toujours un pour sortir la Méthode à Gilles. Elle fonctionne à tous les coups, celle-là, c’est fort.

Tu te lèves, tu te rassois. Tu te lèves, madeleines. Tu te rassois. Tu es assis. Tu travailles. C’est bien.

Tu te lèves, tu quittes la boite à taffer pour rejoindre la boite à rouler.

Trop fatigué. Pour bouger, pour sortir, pour rire, pour picoler, pour parler, pour danser, pour faire à manger.

Pour le chercher, ton ciel dégagé.

Pas en vie.

Comme disait l’autre : perdre sa vie à la gagner.

La plus petite des boites t’attend, dans pas longtemps. C’est pour bientôt, le rideau.

N’oublie pas.

 

Ashanoir

copyright : Clotchard Crasvat – Anartisanat

Babysitting, vaisselle et schémas sexistes

Mary PoppinsIl y a quelques temps je m’insurgeais sur Facebook : Alphonse le nouveau babysitter (oui on peut s’appeler Alphonse et avoir 17 ans) ne faisait pas la vaisselle. Ni celle du nain ni la sienne. J’étais outrée. C’est qu’il arrivait après trois Mary Poppins qui, toutes, faisaient la vaisselle (encore une fois je ne parle pas de ma vaisselle, mais de celle du « moment babysitting »). Toutes, même … la sœur aînée d’Alphonse. Voilà, je me disais. Encore une preuve de la différence d’éducation entre les filles et les garçons, y compris au sein de la même famille.

Récemment, une wanabee babysitter a passé son baptême du feu à la maison. Une fille, Colline. Et Colline n’a pas fait la vaisselle. Quand je m’en suis rendue compte, il s’est passé un truc bizarre dans ma tête. J’étais contente. J’étais contente parce que cette petite meuf de 19 ans venait faire de faire exploser le double schéma sexiste avec lequel je me débattais depuis ma nuit des temps. Le premier c’est celui avec lequel j’ai grandi. Dans ma famille (pas la cellule nucléaire, la famille élargie), les hommes parlent affaires et mettent les pieds sous la table pendant que les femmes cuisinent, servent, débarrassent et font la vaisselle.

Le deuxième c’est celui que j’ai développé en réaction :

Hommes = Gros Branleurs

Femmes = Pauvres Etres au Service de la Société en général (les parents, les enfants, la belle-famille, toussa toussa) et des Gros Branleurs en particulier.

Donc Colline affirme : Moi aussi je peux être une petite branleuse.

Et moi je lui réponds : Colline, je te kiffe. Parce que tu es la branleuse que j’aurais aimé être, et que j’essaie encore d’être même si c’est très compliqué, tu sais, après toutes ces années de lavage de cerveau.

Alors je sais ce que vous vous allez me dire. Vous allez me dire que ce ne serait pas vivable, une planète avec que des branleurs et des branleuses dessus. Que ce serait le chaos, que ça ne s’appellerait plus la Terre, mais la Grande Porcherie. Qu’il suffit juste que les hommes eux aussi y plongent les mains, dans l’eau crado du bac à vaisselle (parce que l’autre option, à savoir je me la boucle, je mets ma burqua et mes gants Mappa, vraiment, ça va pas le faire).

Mais vous voyez, l’ennui c’est que la majorité d’entre eux*, quand on leur demande ça, font de la résistance passive. Et vas-y que je traîne la patte, et vas-y que j’oublie, et vas-y que je râle et vas-y que je te force à remettre le sujet sur le tapis, une fois, dix fois, vingt fois, cent fois, trop de putain de fois. Et immanquablement, ça nous retombe dessus : qu’est-ce qu’elles sont chiantes, ces femmes ! On bosse quand même hein !

Le truc, c’est qu’y en a marre de passer pour les chieuses de service, toujours à réclamer, demander, exiger. C’est pas cool, et puis c’est épuisant.

Du coup voilà hein, c’est parti pour la Grande Porcherie…

PS : J’ai un lave-vaisselle, mais ça c’est une autre histoire…

PS2 : Toi l’homme ami des femmes, toi qui oeuvres pour la paix des ménages et la paix sur Terre, je te bise

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* Aujourd’hui en France, 80% de l’activité domestique repose encore sur les femmes.

Mortifiée

Préado, comme des centaines de milliers de préados, j’ai tenu un journal intime. Je ne l’ai jamais relu car j’étais horrifiée de devoir retomber sur des passages d’une inanité sans fond tels que :

« 9 septembre 1991. Cher journal, c’est un grand jour car je te commence ! Je compte sur toi au niveau confidentiel »

Du coup j’ai relégué mes vieux carnets dans un vieil atelier poussiéreux.

Mais il y a quelques jours, Annabelle dont je vous parlais ici m’a fait découvrir le concept Mortified, qui cartonne Outre-Atlantique et qu’elle importe chez nous. Le pitch : se délecter de petits morceaux humiliants de son adolescence avec un public hilare. Très bizarre à mon sens mais apparemment libérateur. J’irai bien entendu mener l’enquête pour vous en septembre.

Coïncidence (mais les coïncidences en sont-elles vraiment ?) : le vieil atelier poussiéreux devant être vidé, je me suis retrouvée avec ma vie de préado et d’ado en cinq tomes sur les bras. Inévitablement, j’ai soufflé sur la poussière qui les recouvrait et j’en ai ouvert un.

Et, tiens, nouvelle coïncidence, je suis tombée pile sur un passage édifiant, que je vous retranscris ici dans son jus, avec les répétitions et les fautes de rigueur :

11/11/91. En sortant du métro (la station est à 10 minutes de la maison), il y a un mec d’environ 29 ans, des lunettes, plus petit que moi, qui m’a demandé l’heure. Je la lui ai donné et ensuite il m’a demandé où se trouvait le métro place d’Italie. Je lui ai montré la direction puis j’ai accéléré le pas, lui aussi ; j’ai ralenti, lui de même. Enfin il m’a dit « Vous avez une très beau sourire » (alors que je ne me souviens même pas lui avoir souri !). J’ai dit merci et j’ai encore accéléré. Ensuite comme il devait traverser il m’a dit : « J’espère qu’on pourra se revoir ». J’ai ri et j’ai répondu « Je ne crois pas ». Je m’améliore… Il y a quelques mois, soit je n’aurais rien répondu, soit j’aurai répondu « allez-vous faire voir ».

Passons sur le bizarre « environ 29 ans » et l’hilarant « allez-vous faire voir ». Arrêtons-nous plutôt un instant sur la date à laquelle ce passage a été écrit : le 11 novembre 1991. C’est-à-dire que j’avais 12 ans, 7 mois et 19 jours.

Ce moment où un mec te suit et accorde ses pas sur les tiens, ce moment où ton cœur se met à battre parce que t’es pas rassurée s’appelle du harcèlement de rue. Je ne suis pas certaine d’avoir eu affaire à un dangereux pédophile (ça c’était quand j’avais 11 ans et qu’un type m’a demandé s’il pouvait m’offrir un coca ou une glace que j’ai poliment refusés, ma maman m’ayant appris qu’il ne fallait pas suivre les inconnus, aussi sympathiques puissent-ils être. Merci maman.). Ce qui est certain c’est que c’était un gros porc parmi d’autres, un parmi tous ceux qui me mataient les seins depuis qu’il m’en était poussé, c’est-à-dire depuis mes 11 ans. Parce que vous comprenez, à partir du moment où une fille est formée, elle est bonne à désirer et à reluquer hein, demandez aux mecs de Daesh, ils ne vous diront pas le contraire et pis eux, les coquins, y se contentent pas de reluquer, oooh non, en v’là qui ont compris la vie au moins.

Le gros Fred dans ma classe était lui aussi clairement très perturbé par ces seins, je subissais ses rires gras et ses remarques et j’avais honte, mais on était sur un pied d’égalité, on avait le même âge. Le jour où il a eu le malheur d’aller trop loin, je l’ai remis à sa place avec quelques mots bien sentis et une petite balayette. A partir de ce moment, Fred est devenu très respectueux.

Nan. Je vous parle de mecs de 29 ans. De mecs de 39 ans, de mecs de 49 ans, de mecs de 69 ans. Qui mataient donc une petite de 12 piges et parfois même l’abordaient.

Je me souviens de leurs regards libidineux comme si c’était hier. Je me souviens de mon visage brûlant de honte. De mes yeux qui faisaient tout pour ignorer les leurs. De ma démarche qui, imperceptiblement (ne pas montrer son malaise) mais sûrement (se mettre hors de leur vue et de leur portée) se faisait plus rapide. Je me souviens que c’est depuis cette époque que je suis mal à l’aise dès que je mange un glace dans la rue (« Elle est bonne ? », dit avec le regard adéquat, je vous jure que ça coupe l’appétit). Je me souviens que j’ai mis quelque chose comme 15 ans à ne plus détester mes seins, qui attiraient tant de saleté. Et je sais pourquoi, encore aujourd’hui, quand je lis que la catégorie « Teen » est la plus recherchée sur les sites de cul, j’ai envie de vomir.

Tout ça pour vous dire qu’en France 82% des femmes ont commencé à être victimes de harcèlement de rue avant 17 ans et que parmi elles, 65% l’ont été alors qu’elles n’avaient pas encore 15 ans. Tout ça pour que ces statistiques ne soient plus seulement des chiffres à vos yeux, mais une histoire incarnée, comme il y a en a tant d’autres sur #PremierHarcelement.

Nul n’est censé ignorer la loi… En matière de main au cul non plus

Je vous avait déjà raconté ici deux mésaventures qui m’étaient arrivées dans la rue il y a quelques années de cela.

Le terme employé pour qualifier ces mésaventures urbaines est « harcèlement sexiste ».

Quelle jeune fille, quelle femme ne s’est jamais retrouvée paralysée face à des gracieusetés telles que celles-ci ? Qui ne s’est jamais sentie humiliée, salie, démunie face au pervers mimant branlette ou pipe sur le quai d’en face ? Qui ne s’est jamais enfuie d’une rame pour cause de gros dégueulasse se tripotant la nouille sur le strapontin d’à côté? Qui n’a jamais connu l’horrible sensation d’une main inconnue sur son cul en pleine heure de pointe ?

J’aimerais voir des doigts levés de l’autre côté de l’écran mais je doute qu’il y en ait. Parce que 100% des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou d’agression sexuelle (1). BAM.

La plupart du temps dans ce genre de situation, on reste tétanisée. Muette. Impuissante. On baisse les yeux, on fuit. Et puis on se déteste. De ne pas avoir su réagir, dire ceci ou cela, hurler, insulter, frapper.

A toutes, je vous propose un truc. La loi est une force et la loi est de notre côté. Apprenez la loi. Appropriez vous-là. Retenez-en les éléments les plus marquants, et apprenez à les clamer, à les déclamer, avec force et aplomb, et un air de « ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule » dans les yeux. Robert de Niro devant son miroir ? Bullshit à côté de vous.

En cas de « Eh salope, pourquoi tu réponds pas quand je te parle ?!? », vous pouvez gueuler « INJURE PUBLIQUE ? 6 MOIS D’EMPRISONNEMENT ET 22 500 € D’AMENDE » ! De toutes vos forces. Avec toute votre rage.

Le monsieur tient à sortir popol ? A s’amuser avec lui ? Réveillez la foule endormie : « EXHIBITION SEXUELLE IMPOSEE A LA VUE D’AUTRUI ? UN AN D’EMPRISONNEMENT ET 15 000 € D’AMENDE !!! ILS SEMBLERAIT QUE MONSIEUR ICI SOIT INTERESSE PAR LE GROS LOT ? »

Si vous avez plutôt affaire à un « tu suces ma belle ? » ou aux si subtils jeux de mimes susmentionnés: « DEUX ANS D’EMPRISONNEMENT ET 30 000 € D’AMENDE !!! »

Dieu merci je n’ai pas encore eu à tester cette technique révolutionnaire. Je ne sais même pas si je serais réellement capable de réagir comme ça. Ce dont je suis certaine en revanche, c’est que le fait de savoir que la loi est de mon côté me donnera toujours plus de force pour marcher la tête haute, sans peur et sans reproche. Et maintenant, vous le savez aussi.

(1) Source : Résultats des consultations menées par le HCEfh, mars 2015

Valentine’s Day stinks

Si vous avez lu ça et ça, ou encore ça, vous savez déjà que j’ai un peu de mal avec les impératifs, les exercices imposés, les oukazes et autres diktats. Vous vous doutez donc que je ne porte pas la Saint-Valentin dans mon coeur.

Aaaah, la Saint-Valentin. Cette magnifique journée où les petits coeurs trop choux envahissent les vitrines, où les tables des restaurants sont illuminées de tas de petites bougies trop mignonnes – le chef prépare un délicieux dessert à la vanille et au gingembre, vous allez vous régaler, annonce le serveur avec un clin d’oeil appuyé. Cette formidable date à marquer d’un petit coeur rouge (vous allez en bouffer du coeur, je vous préviens) sur son agenda, sous peine, dans certains couples, de déclencher une guerre thermo-nucléaire. Ce jour tant attendu des célibataires amers, ravis qu’on leur renvoie à la gueule leur non-conformité. Cette grande et belle fête de la consommation, où l’on vous somme de prouver votre amour à longueur de pubs, d’affiches, d’articles, de reportages, et de playlists langoureuses. Dites donc, en écrivant, je viens de réaliser un truc de dingue. CON-SOMMATION. Mais c’est énorme!

Je sais pas vous, mais moi il me semble que la Saint-Valentin fait surtout la joie des  filles qui sont restées bloquées sur leurs histoires de prince charmant. Catherine Monnot, antropologue à l’EHESS, à l’air d’accord avec moi dans cet article de la brigade de la répression du vice d’Atlantico.

Ah oui, j’oubliais au passage la véritable joie des vendeurs de roses pakistanais, quand même. Et puis celle des fleuristes en général, des restaurateurs, des papetiers (pour les jolies cartes pleines de coeurs), des bijoutiers, des parfumeurs, des vendeurs de lingerie, et tutti quanti. Celle de l’Occident commerçant, appliquant tout en douceur sa vaseline goût vanille-gingembre au cul du reste du monde.

Le monde entier fête donc la Saint-Valentin, même Le Brésil qui a pourtant sa propre fête des amoureux le 12 juin, la Chine (Le Qi Qioa Jie, le 7e jour du 7e mois du calendrier lunaire), la Colombie (Le 3e samedi de septembre), Israel (Tou Beav, en juillet ou août) (Merci Wikipedia hein)…  Y’en a que ça énerve… Je ne les aime pas beaucoup mais sur ce coup là, je les comprends un peu…

« Cette nana est aigrie, elle a pas de mec », entends-je déjà. Désolée les cocos mais ça fait à peu près 15 ans que je n’ai pas passé de Saint-Valentin seule. C’est d’ailleurs fort dommage, je m’imagine bien revêtir mon plus beau porte-jarretelle et aller écumer les bars et les clubs de Paris au cours d’ une chasse à l’homme d’anthologie.

Durant de ces 15 années donc, j’ai eu trois Valentins différents. Et je les ai vus, tous les trois, m’observer avec appréhension la première année, quand, le jour fatidique approchant, on entendait ou voyait le premier spot de pub pour la Saint-Valentin. Je les laissais  quelques secondes à leur angoisse, et mettais fin au supplice, d’un laconique : « T’inquiète, moi aussi je trouve que c’est naze, cette fête à deux balles ». Et soudain, leur regard s’illuminait, plein de gratitude. Finalement, je leur faisais ainsi le plus beau cadeau de Saint-Valentin de leur vie. Pas de « je t’aime » forcé, pas de prise de tête pour trouver un putain de cadeau, pas d’horrible dessert vanille-gingembre à avaler.

C’est cool, parce qu’apparemment, y’en a chez qui ça ne passe pas, les « je t’aime » forcés. À sa décharge, je tiens tout de même à signaler que ce charmant rappeur est finalement plus proche de la signification originelle de la Saint-Valentin que les marchands du temple. Les Lupercales romaines célébraient en effet la fécondité, l’amour physique, plutôt que l’amour tout court. CQFD

Pour finir, et pour savoir si je suis complètement à côté de la plaque ou pas, je vous propose un petit sondage vite fait, dont je vous communiquerai évidemment les résultats dans un prochain post, à condition bien sûr que vous soyez plus de deux à répondre.

A vot’ bon coeur!

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Avez-vous vu la Vulve d’Adèle?

Cannes Film Festival

Photo credit: Wikipedia

Je sais bien que je ne suis plus dans le cœur de l’actualité culturelle, qu’il faudrait plutôt évoquer ici le Goncourt ou le Renaudot.

Mais j’ai préféré attendre avant d’écrire ce billet, histoire de me calmer un peu, de prendre du recul. Et puis, je reste tout de même dans l’actualité cul-turelle.

Avec deux semaines de re-cul, donc, je me pose toujours la même question : pourquoi n’y a-t-il pas de catégorie« porno » au Festival de Cannes ? Le film de Monsieur Kechiche aurait remporté le prix du meilleur film pornographique. Une autre œuvre, plus méritante, aurait obtenu la Palme. Et je ne me serais pas ennuyée pendant 1h30 (soit la moitié du film) ni n’aurais été plongée dans l’embarras le plus profond par ces scènes de sexe interminablement crues (10 minutes ? 20 minutes ? Je ne saurais dire combien de temps moi-même et les spectateurs de la salle 1 du Louxor avons été paralysés par ces han-han et ces splotch-splotch sans fin). Monsieur Kechiche, il me semble  que les gens qui ont envie de se taper une petite branlette devant un film de boules – pardon, de chattes –  préfèrent faire ça chez eux ou dans l’intimité d’une cabine destinée à cet effet. Mais peut-être me fourvoie-je…

Tout n’est pas à jeter, évidemment. Kechiche sait filmer la vie : ça sonne vrai, ça sonne juste. Il a su retranscrire l’adolescence, ses affres, ses émois, la brusque alternance de ses joies et de ses peines, ses moments de communion et de solitude. Mais souvent, il en fait trop.

Kechiche aime les longueurs et les répétitions, son cinéma en devient lourd. Chez les prolos, on parle boulot et on n’aime pas les homos.  On ne mange pas, on bâfre, sauce bolognaise au menton. Chez les bourgeois, on parle art et épanouissement personnel, on reçoit au champagne et aux huîtres. Passe encore. Mais nous montrer aussi souvent et aussi longtemps Adèle mastiquant, bouche ouverte ?!? Nous la faire pleurer, et filmer avec autant de délectation sa morve coulant, coulant, n’en finissant plus de couler?!? Pitié !

Voilà qui me ramène à mon premier propos. Les longueurs, les répétitions, le cul bien cash… Tout cela décidément rentre bien dans la case porno. Si Kechiche se décidait à se lancer dans cette industrie, dont le niveau se verrait ainsi considérablement relevé, on recommanderait chaudement à Youporn de le classer dans les sous-genres « fetish» (pour la mastication et mouchage), « cunnilingus », « lesbian ». Et « teen», bien sûr.

Que dites-vous ? C’est de l’art, pas du cochon ? Mais monsieur, je croyais que l’art était, entre autres, un moyen de sublimer la pulsion sexuelle… Or, de sublimation, ici, je n’en vois point. Cochon va.

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Mon traducteur XJP (xylolalie des jeunes parents) / français

Tout d’abord, une petite précision à la suite de mon précédent message à caractère informatif. Il n’est pas question ici de mettre fin à la surpopulation mondiale en dégoûtant les parents potentiels de faire des enfants. Non non non non. Je veux juste éviter que vous vous retrouviez dans mon état d’esprit, quand à plusieurs reprises, je me suis entendue gueuler en mon for intérieur, fort contrarié : MAIS PUTAIN, POURQUOI PERSONNE NE M’AVAIT RIEN DIT !!!

Les boxeurs ont des entraîneurs pour leur expliquer où ils vont se prendre des coups, et les aider à s’y préparer. Les étudiants bûchent sur les annales des années précédentes. Mais personne ne prévient réellement les futurs parents de ce qui les attend. Leurs propres parents sont trop vieux, ils ont oublié le mauvais pour ne retenir que le bon. Et puis de toute façon ils gagatisent d’avance…Useless. Il reste les potes, les medias, les films, les bouquins. Même si les choses bougent doucement (big up Florence Foresti, big up Rémi Besançon et Louise Bourgouin, big up Alessandra Sublet, big up Florian Zeller – je n’ai pas lu ces deux derniers « auteurs » mais le seul fait qu’ils s’attaquent au sujet sans angélisme mérite un chapeau bas), le discours général va dans le même sens : un enfant, c’est « que du bonheur » ! « Bon, c’est parfois difficile, mais il suffit que ton enfant te fasse un sourire pour que tu oublies tout ». Eh bien sachez, mesdames, mesdemoiselles et messieurs que, de mon point de vue en tout cas, ceci est faux. Avoir un enfant c’est beau ET difficile. Il y a des moments magiques, empreints de grâce ET des moments horribles, où on donnerait très cher pour être ailleurs. Les plus n’effacent pas les moins, sauf avec le temps. Un morceau de vie en somme.

Quoi qu’il en soit, ce sont les tabous, les non-dits, les mots couverts qui règnent en maîtres dans les discours autour de la parentalité.

Pour mettre fin à cet enfumage  à grande échelle, je vous propose  un petit outil fort utile : mon traducteur xylolalie / français. C’est assez déprimant, je vous préviens. Si vous flippez trop, passez un coup de fil à ceux parmi vos amis qui ne se font jamais prier pour vous tenir au courant de chacune des avancées de leurs petits agneaux, photos et petits cœurs à l’appui. Ca vous fera du bien, vous verrez.

Baby inside

Certaines femmes enceintes font de la rétention d’eau  = Certaines femmes sont si enflées qu’elles ne peuvent plus enfiler que d’horrible baskets, délacées

« Sur la fin, c’est pas facile de s’endormir » = ton ventre est tellement énorme qu’il t’es impossible de trouver une position assez confortable pour rejoindre les bras de Morphée. Il est 5 heures, Paris s’éveille.

« Finalement, on s’habitue à ne plus picoler» = tu vas te faire chier comme une rate morte dans les soirées, où tout le monde sera gai sauf toi.

Newborn child, seconds after birth. The umbili...

Photo credit: Wikipedia

Baby coming !

L’accouchement, c’est chaud = Tu vas morfler, même sous péridurale. Parce qu’on te pique une fois que les contractions ont bien commencé, et qu’on arrête de te filer ta dose quand il faut que tu sois en mesure de pousser. Tu auras tellement mal que tu vas finir par insulter la sage-femme, ton mec, et intérieurement, l’alien qui te torture de la sorte. Sigourney, si tu me lis… PS : Si ton mec a le malheur de passer du côté du théâtre des opérations, il va être traumatisé pour un sacré bout de temps.

Baby outside

« Je n’ai pas une minute à moi » = J’arrive pas à trouver le temps de me laver les cheveux, ni de me couper les ongles. Je ressemble à une femme des cavernes. Back to the roots quoi…

« C’est clair qu’avec un bébé, faut faire beaucoup plus de machines » = Au début, il fait des cacas jaunes qui, comme ils sont liquides, dépassent la barrière de la couche et dégueulassent complètement ses bodys, ce plusieurs fois par jour. Je te raconte pas le bonheur, quand tu kiffes pas trop toucher au caca de manière générale…

« Ca va mieux, on trouve nos repères petit à petit » = Je peux me laver les cheveux maintenant, d’ailleurs je reste très longtemps sous la douche, avec l’eau je n’entends plus les pleurs de bébé. Putain ça fait du bien.

Après l’accouchement, certaines femmes perdent leurs cheveux, mais c’est temporaire = Ca repousse, mais pas pareil. Adieu, cheveux brillants et vigoureux…

« J’ai retrouvé mon poids d’avant » = Je fais le même poids, mais ma taille et les hanches se sont élargies, mes seins ont rapetissé, et mon ventre est mou chelou. Depuis j’adooore les blouses. Ca tombe bien, faut que je refasse ma garde robe…

«  Le cul, c’est pas trop ça en ce moment » = Plus le temps, ni l’envie, ni la force. Ca fait trois mois qu’on n’a pas niqué. Heu, sept, en comptant la grossesse.

« Désolé(e), je peux pas venir à ta soirée, on n’a pas de babysitter » = Je crève d’envie de venir mais je suis trop naze. Et puis aussi grand que pourrait être le plaisir que j’y prendrais, c’est du pipi de chat par rapport à la galère de gérer un bébé toute une journée avec une gueule de bois et trois heures de sommeil.

Il est dans sa phase d’opposition = c’est l’horreur (voir ici pour plus de précisions)

Voilà, avec ces exemples de traduction, vous êtes à présent en mesure de décrypter les propos de vos potes jeunes parents.

Juste une petite précision :

C’est fou comme je l’aime = C’est fou comme je l’aime

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