Le changement ça prend du temps
J’aime les sapins de Noël. J’aime leur odeur, la joie qu’apporte ce petit morceau de forêt dans nos intérieurs au cœur de l’hiver. Ma famille est musulmane mais n’en déplaise aux flippés de l’immigration on a toujours fêté Noël, avec force sapins, cadeaux, saumon fumé, et chapon fourré aux cranberries (cette alternative aux marrons étant le fait de ma tante canadienne, qui a souvent reçu notre tribu indienne chez elle pour Noël, merci Nancy, coeur sur toi).
J’aime les sapins mais voilà un moment qu’en acheter pour Noël me tracasse. Parce que la monoculture, parce que les CO2 émis pour le transport, et parce que je ne peux pas m’empêcher de penser que je tue UN ARBRE, pour mon petit plaisir de trois semaines. J’ai tenté la location de sapin en pot, ça m’a coûté la peau des fesses et le pauvre sapin n’avait vraiment pas l’air ravi après trois semaines passées en appartement chauffé.
J’ai recommencé à acheter des Nordmann, taille moyenne pour votre pleine et entière information.
De toute façon l’enfant était encore un enfant et mon cœur se fendait aussi nettement qu’une belle buche sèche à l’idée de le priver d’une bonne part de ce qui fait « la magie de Noël ».
Et puis l’enfant est devenu ado, et je me suis dit qu’il était temps.
J’ai dit à Garance que je réfléchissais à un « air-sapin », elle m’a posé quelques questions sur la façon dont je l’envisageais, et quelques mois après elle débarquait les bras chargés de la structure de suspension lumineuse de sa propre cuisine, qu’elle avait décorée de larges rubans de couverture de survie.
Un atelier-déco plus tard, je contemple mon air-sapin et je sais que c’est le sapin de ma vie. Il est beau, il est élégant, il est poétique, il brille de mille flammèches, je l’aime.
Quand j’en ai montré la photo à la voisine qui m’avait prêté sa perceuse (rapport au crochet pour mon sapin aérien), elle m’a dit : « ben, c’est une suspension lumineuse quoi ». Mais non. C’est un air-sapin, je suis super fière de lui, et de moi qui ai réussi sans souffrance à me débarrasser, avec l’aide de ma meilleure pote, d’une vieille habitude qui ne me convenait plus.
Je nous souhaite, à toutes et tous, pour l’année qui nous vient, de trouver l’envie, l’élan, la créativité, l’ingéniosité et les hacks qui nous permettront de lâcher les vieilles habitudes qui ne conviennent plus ni à nous, ni à notre humanité.


Joyeux Noël les amis.

