Mon traducteur XJP (xylolalie des jeunes parents) / français

Tout d’abord, une petite précision à la suite de mon précédent message à caractère informatif. Il n’est pas question ici de mettre fin à la surpopulation mondiale en dégoûtant les parents potentiels de faire des enfants. Non non non non. Je veux juste éviter que vous vous retrouviez dans mon état d’esprit, quand à plusieurs reprises, je me suis entendue gueuler en mon for intérieur, fort contrarié : MAIS PUTAIN, POURQUOI PERSONNE NE M’AVAIT RIEN DIT !!!

Les boxeurs ont des entraîneurs pour leur expliquer où ils vont se prendre des coups, et les aider à s’y préparer. Les étudiants bûchent sur les annales des années précédentes. Mais personne ne prévient réellement les futurs parents de ce qui les attend. Leurs propres parents sont trop vieux, ils ont oublié le mauvais pour ne retenir que le bon. Et puis de toute façon ils gagatisent d’avance…Useless. Il reste les potes, les medias, les films, les bouquins. Même si les choses bougent doucement (big up Florence Foresti, big up Rémi Besançon et Louise Bourgouin, big up Alessandra Sublet, big up Florian Zeller – je n’ai pas lu ces deux derniers « auteurs » mais le seul fait qu’ils s’attaquent au sujet sans angélisme mérite un chapeau bas), le discours général va dans le même sens : un enfant, c’est « que du bonheur » ! « Bon, c’est parfois difficile, mais il suffit que ton enfant te fasse un sourire pour que tu oublies tout ». Eh bien sachez, mesdames, mesdemoiselles et messieurs que, de mon point de vue en tout cas, ceci est faux. Avoir un enfant c’est beau ET difficile. Il y a des moments magiques, empreints de grâce ET des moments horribles, où on donnerait très cher pour être ailleurs. Les plus n’effacent pas les moins, sauf avec le temps. Un morceau de vie en somme.

Quoi qu’il en soit, ce sont les tabous, les non-dits, les mots couverts qui règnent en maîtres dans les discours autour de la parentalité.

Pour mettre fin à cet enfumage  à grande échelle, je vous propose  un petit outil fort utile : mon traducteur xylolalie / français. C’est assez déprimant, je vous préviens. Si vous flippez trop, passez un coup de fil à ceux parmi vos amis qui ne se font jamais prier pour vous tenir au courant de chacune des avancées de leurs petits agneaux, photos et petits cœurs à l’appui. Ca vous fera du bien, vous verrez.

Baby inside

Certaines femmes enceintes font de la rétention d’eau  = Certaines femmes sont si enflées qu’elles ne peuvent plus enfiler que d’horrible baskets, délacées

« Sur la fin, c’est pas facile de s’endormir » = ton ventre est tellement énorme qu’il t’es impossible de trouver une position assez confortable pour rejoindre les bras de Morphée. Il est 5 heures, Paris s’éveille.

« Finalement, on s’habitue à ne plus picoler» = tu vas te faire chier comme une rate morte dans les soirées, où tout le monde sera gai sauf toi.

Newborn child, seconds after birth. The umbili...

Photo credit: Wikipedia

Baby coming !

L’accouchement, c’est chaud = Tu vas morfler, même sous péridurale. Parce qu’on te pique une fois que les contractions ont bien commencé, et qu’on arrête de te filer ta dose quand il faut que tu sois en mesure de pousser. Tu auras tellement mal que tu vas finir par insulter la sage-femme, ton mec, et intérieurement, l’alien qui te torture de la sorte. Sigourney, si tu me lis… PS : Si ton mec a le malheur de passer du côté du théâtre des opérations, il va être traumatisé pour un sacré bout de temps.

Baby outside

« Je n’ai pas une minute à moi » = J’arrive pas à trouver le temps de me laver les cheveux, ni de me couper les ongles. Je ressemble à une femme des cavernes. Back to the roots quoi…

« C’est clair qu’avec un bébé, faut faire beaucoup plus de machines » = Au début, il fait des cacas jaunes qui, comme ils sont liquides, dépassent la barrière de la couche et dégueulassent complètement ses bodys, ce plusieurs fois par jour. Je te raconte pas le bonheur, quand tu kiffes pas trop toucher au caca de manière générale…

« Ca va mieux, on trouve nos repères petit à petit » = Je peux me laver les cheveux maintenant, d’ailleurs je reste très longtemps sous la douche, avec l’eau je n’entends plus les pleurs de bébé. Putain ça fait du bien.

Après l’accouchement, certaines femmes perdent leurs cheveux, mais c’est temporaire = Ca repousse, mais pas pareil. Adieu, cheveux brillants et vigoureux…

« J’ai retrouvé mon poids d’avant » = Je fais le même poids, mais ma taille et les hanches se sont élargies, mes seins ont rapetissé, et mon ventre est mou chelou. Depuis j’adooore les blouses. Ca tombe bien, faut que je refasse ma garde robe…

«  Le cul, c’est pas trop ça en ce moment » = Plus le temps, ni l’envie, ni la force. Ca fait trois mois qu’on n’a pas niqué. Heu, sept, en comptant la grossesse.

« Désolé(e), je peux pas venir à ta soirée, on n’a pas de babysitter » = Je crève d’envie de venir mais je suis trop naze. Et puis aussi grand que pourrait être le plaisir que j’y prendrais, c’est du pipi de chat par rapport à la galère de gérer un bébé toute une journée avec une gueule de bois et trois heures de sommeil.

Il est dans sa phase d’opposition = c’est l’horreur (voir ici pour plus de précisions)

Voilà, avec ces exemples de traduction, vous êtes à présent en mesure de décrypter les propos de vos potes jeunes parents.

Juste une petite précision :

C’est fou comme je l’aime = C’est fou comme je l’aime

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De l’usage de la xylolalie chez les jeunes parents

Tu es jeune et fringant, tu es fraîche et ferme. Voilà maintenant un moment que vous partagez le même tube de dentifrice, que vous vous engueulez à propos de chaussettes qui traînent et de vaisselle pas faite. Que vous échangez mots doux et fluides corporels. Que les plaisirs sont moins solitaires et les lendemains de fête moins déprimants. La vie vous est douce. Un peu trop peut-être… Parce que toute cette douceur, cette liberté, qu’est-ce qu’on en fait au bout du compte, hein ? Tous ces après-midi au ciné ou au musée, ces restaurants en tête-à-tête, ces vacances au bout du monde, ces soirées déglinguées… Qu’en reste-t-il? Une drôle d’impression de vide, une vague mélancolie, une interrogation existentielle : « Et maintenant ? ». Vous vous l’êtes posée souvent, cette question, vous en avez discuté et puis vous vous êtes dit : « Allez, chiche, on fait un petit, c’est ça qui donne un sens à la vie ! ». Vous avez submergé de questions ceux qui ont fait le grand saut, vous les avez observés, eux et leur progéniture…Vous vous sentez prêts, vous avez l’impression de savoir plus ou moins où vous mettez les pieds.

FAUX ! You know nothing, John Snow…

Je vais vous dire un truc : le monde des jeunes parents c’est une autre dimension. Un monde parallèle. Ces gens-là vivent à côté de vous, vous pensez pourvoir leur faire confiance, grave erreur ! Parce que – retenez bien ça – 8 fois sur 10, quand ils vous racontent ce qu’ils vivent, ils usent de figures de style destinées à brouiller votre radar à emmerdes, comme l’ellipse ou l’euphémisme

Résultat : Vous croyez savoir, mais vous ne savez rien. Maintenant, voilà la grande question : pourquoi diable font-ils ça ?

J’ai plusieurs théories :

1 – Pour assurer la reproduction de l’espèce

Soyons francs, dire la vérité sur ce que c’est que porter un enfant,  le faire sortir de soi, puis l’élever diminuerait considérablement les chances de survie du sapiens sapiens sur cette planète, parce que plus personne ne voudrait s’y coller. Les parents, en jetant un voile pudique sur la réalité de leur quotidien, contribuent donc doublement à la perpétuation de l’espèce: consciemment, en mettant en monde des petits d’homme, et inconsciemment, en s’exprimant de sorte à ne dégoûter aucun congénère de se lancer dans la grande aventure de la vie.

The glamorous life

The glamorous life (Photo credit: Houser)

2 – Pour sauver la face

Ils n’ont plus une minute à eux, quand ils ont un peu de temps ils en profitent pour faire les courses ou se laver les cheveux. Ils ne font plus la fête, et quand ils réussissent à sortir, ils sont atteints de cendrillonite aigüe[1] . Ils ont été obligés de remplacer la sainte triade ciné-musée-restau par la moins reluisante trinité télé-square-petits pots. Fini les treks dans l’Himalaya, direction le village-vacances de Belle-Dune.  Ils n’ont plus la force de lire, ils comatent dans leur canap, un verre de vin à la main, pour se remettre de leurs journées marathon. Ils ne vont pas en rajouter et vous avouer qu’ils ont une vie de merde si ?

3 – Par pudeur

Vous évitez de chialer devant tout le monde quand ça ne va pas ? Bon ben vous avez compris le principe…

4 – Par culpabilité

Ils donneraient leur vie pour leurs enfants, c’est un fait. Ils les aiment d’un amour démesuré, incommensurable. Mais pas que. Parfois ils ont très très envie de les balancer par la fenêtre, ou de monter dans une machine à remonter le temps. Et ça, c’est chaud à assumer. Mieux vaut que ce côté obscur reste caché.

5 – Parce ce que ce sont des aliens

Cette catégorie comprend les nanas qui jouissent à accouchant (ça existe, je vous jure).

Et vous, c’est quoi votre théorie ?


[1] à partir de minuit trente trois, ils se transforment en gros relous, à regarder leur montre toutes les dix minutes en pensant à la babysitter qu’il va falloir payer et raccompagner, à l’état dans lequel il seront au réveil de zouzou – entre 6h du mat pour les moins chanceux et 9h du mat pour les cocus.

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Incartade capillaire

 

Je suis allée chez Pascal Coste.

 

Pour ceux qui l’ignorent, Pascal Coste est au salon de coiffure ce que Mac Do est à la restauration, ce que Ryanair est à l’aviation. Une franchise de 148 salons (France + Espagne), particulièrement implantée dans les centres commerciaux. Le temple de la coiffure cheap et pas chic. La grande classe quoi.

 

Mais alors pourquoi, pourquoi ai-je fait CA ?

 

Je l’ignore. En rentrant d’une conférence de presse, où tout le monde était très bien habillé et très bien coiffé, j’ai vu mon reflet dans une vitrine et j’ai immédiatement appelé ma coiffeuse attitrée, celle à qui je rends visite depuis 13 ans, qui sait tout de moi, de mon cuir chevelu et de mes bulbes capillaires. Elle n’était pas dispo. J’étais vraiment mal, il me fallait un coiffeur là, maintenant, tout de suite. Et là, je ne sais plus très bien ce qui s’est passé – je soupçonne les attachées de presse  d’avoir mis du GHB dans mon jus d’orange –  mais ma vue s’est brouillée, j’ai chancelé, et l’instant d’après, je me retrouvais les cheveux mouillés, face à un manager en costume Massimo Dutti dont les yeux me souriaient à travers ses lunettes sans monture à la Delarue, version grande époque of course. Massimo Dutti pour ceux qui l’ignorent est aux costumes pour hommes ce que Pascal Coste est à la coiffure pour dames.

 

Après avoir donné quelques coups de ciseaux de traviole, la gentille coiffeuse m’a demandé si je voulais un brushing, ce à quoi j’ai répondu : « non merci, un séchage naturel ça ira très bien ». Selon toute vraisemblance, la drogue a également dû  affecter mes perceptions auditives car il me semble qu’après ça, la gentille coiffeuse m’a demandé au moins sept fois de suite, d’un air atterré : « mais vous ne faites jamais de brushing chez vous ? »… Tout en me faisant un brushing que Sue Ellen m’aurait envié. Mes boucles, mes ondulations et mes frisottis me chuchotaient à l’oreille : « Vas-y, plante-lui ses ciseaux dans la jugulaire! », mais je leur ai rappelé notre origine commune, à eux et à moi, à savoir le pays de Gandhi.

Je suis rentrée à la maison dans un drôle d’état, tout de même reconnaissante à Pascal de m’avoir permis de comprendre – enfin –  ce qui pousse le mec maqué depuis des années à un canon de tromper sa bombe atomique avec le premier tromblon rencontré au Macumba, un soir de séminaire d’entreprise. Et c’est la certitude que j’allais me coucher moins ignorante cette nuit là qui m’a donné la force de rester stoïque quand mon mec, découvrant ma nouvelle coupe (une sorte que carré dégradé avec des cheveux plus longs en dessous), s’est fendu d’un aimable

An English Cocker Spaniel at a dog show

 

: « alors, tu te tapes un trip cocker ? ».

Morale de l’histoire : la fidélité, ça a parfois du bon.

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Marre de la petite robe noire

black dress :: sort kjole #7

black dress :: sort kjole #7 (Photo credit: ~Merete)

Un samedi soir sur la terre. Pas au fin fion© du trou du cul du monde, évidemment. Non. A Paris, capitale de la fashion.

Affalée sur mon lit, les bras en croix, les portes de mon placard grandes ouvertes, je grommelle : « Je vais pas y aller. Journée de merde, chuis lessivée  En plus c’est à Montreuil, et j’ai pas mon i-phone, je vais jamais trouver mon chemin». L’Homme tente alors gentiment de m’encourager : « Mais si, vas-y, ça va te changer les idées ». Et là, la vérité vraie, bêlement accablant, me sort enfin de la bouche : « Oui mais j’ai rien à me mêêêttre !». Il va sans dire que mon placard est prêt à imploser sous la pression de cette tonne de fringues accumulées séance de shopping après séance de shopping, à l’époque où je travaillais dans un bureau et où je gagnais des soussous, donc. J’avoue ne pas être hyper fière de ces années d’achats compulsifs, mais maintenant que les soussous se font rares, je ne suis pas mécontente non plus de ne pas avoir à porter les trois mêmes pauvres sapes tous les jours que dieu fait.

La petite robe noire est là. Elle me tend les bras, elle me crie tout bas « sors-moi, sors-moi, sors-moi ! ». Le basique de chez basique. LE symbole de l’élégance parisienne. La classe internationale, en somme. Les rédactrices de mode nous l’ont répété à l’envi : la petite robe noire vous sauve une soirée. Guerlain nous le rabâche : la petite robe, c’est chic et so glamour

Sauf que non. Je l’ai laissée au placard, la petite robe noire. Parce que sans déconner, vous avez regardé autour de vous, entre le champagne et la clope, les dix dernières fois où vous êtes sorties (allez, les cinq dernières fois, on n’a plus 20 ans …) ?

TOUTES LES MINETTES SONT EN PETITE ROBE NOIRE. Ok, j’exagère un poil. Toutes les minettes sont en petite robe noire, OU en top noir / pantalon noir / bottines noires, VOIRE, comble de l’excentricité, en top noir / jupe noire / collants noirs / talons noirs.

Sérieux. Si aujourd’hui était hier, nos jeunes grands-mères, lorsqu’elles devaient porter le deuil toute une année, n’auraient pas eu se casser la tête pour continuer à écumer les soirées mondaines sans ressembler à un oiseau de mauvais augure.

Allez, les filles, sans forcément donner dans le color block, vous n’avez pas envie d’un peu de lumière pour éclairer la nuit (d’autant plus lorsqu’elle tombe à 17h30…) ? D’un peu de couleur pour égayer vos soirées ? D’un peu de chaleur pour pousser vos targets à venir se réchauffer auprès de vous ?

Alors oui, bon, dans les dernières pubs Dolce Gabbana, toutes les filles sont en noir, et c’est magnifique. Mais c’est l’imagerie Colomba qui fait ça, je vous jure. Dans la vraie vie, c’est d’un mortel ennui.

Allez, gardez votre petite robe noire pour vos virées à l’étranger, tout le monde sera à genoux devant la petite frenchie so classy, mais par pitié, à Paris, ôtez vos souliers gris !

PS : Ceci dit, si un jour l’envie vous prend de me faire un anniversaire surprise, et de m’offrir une petite veste noire, je ne vous en voudrai pas hein…

©Ma pote Laetitia

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A mort le « it »

C’est pas compliqué, JE N’EN PEUX PLUS !

Et quand j’écris en capitales, c’est que vraiment, je n’en peux plus.

Je reçois une newsletter, je clique : « Les it du moment. » En l’occurrence les expos à ne rater sous aucun prétexte, sinon c’est la honte, veugra. Je me désabonne illico.

Je passe devant ma  boutique de lingerie préférée : « It formes ». Je m’étouffe, je crache, et je jure sur la tête de, allez, Alexa Chung – ça ne mange pas de pain –  de ne plus y mettre les pieds.

Je feuillette un féminin chez le coiffeur : « it collab », « it boutique »… Bon sang, heureusement que ça fait des années que je ne touche plus à cette came en papier glacé.

Tout a commencé chez nous il y a trois, quatre, cinq ans de cela, je ne sais plus (fin des années 20 aux States !). Avec une it girl, ou un it bag dans un magazine. Ou une it girl arborant un incroyable it bag dans ledit magazine peut-être… Au début, je l’ai trouvé rigolo, ce nouveau gimmick. Et puis, comme on me le servait à toutes les sauces, j’ai commencé à être légèrement écoeurée. Je me suis dit que ça allait passer. Mais non. Les rédactrices de mode, les journalistes people, les prescripteurs de tendance ont continué à nous en abreuver, et ne semblent pas près de s’arrêter. Donc là, comme je vous le disais, je n’en puis plus. Ras-le-bol. Au moindre it, je me mets à transpirer abondamment, mon rythme cardiaque s’accélère, et, la bave aux lèvres, je hurle. C’est pas beau à voir, je vous jure…

Mais pourquoi tant de haine pour un simple tic d’écriture, me suis-je interrogée ?

C’est Néon

Anna Wintour (left) & Alexa Chung at the Twent...

Anna Wintour (left) & Alexa Chung at the Twenty8Twelve fashion show (Photo credit: Wikipedia)

qui m’a donné la réponse, dans son fictionnaire du mois d’octobre. Y figurait ce génial néologisme : « fachonista ». Ca a été comme une épiphanie. Voilà ! C’était exactement ça qui m’horripilait dans ce it refusant de passer, tel un atroce hoquet : la dictature de la fashion. Cette révélation, ce moment de grâce ont presque transmué ma profonde irritation en admiration béate. It est le plus court résumé de tout ce bla-bla qui veut nous convaincre qu’il FAUT faire ceci, acheter cela, ressembler à machine et avoir le même sac que truc muche pour être dans le coup, pour être bien. Des ordres réitérés toutes les semaines, tous les mois, toutes les saisons. C’est fort, c’est beau, me voilà bouche bée devant tant de concision et d’efficacité. Un minuscule mot pour exprimer l’impératif de consommation auquel tente de nous soumettre notre chère société de consommation.

Alors oui, on est en démocratie, personne ne me force à feuilleter de magazine féminin, ni à m’abonner à des newsletters, ni même à lever le nez du bitume quand je passe devant une vitrine. Heureusement, parce que j’aime la mode. J’aime l’observer, l’admirer, m’en moquer, m’en inspirer, par PETITES touches. En gros, ne comptez pas sur moi pour enfiler l’uniforme que tant de nénettes s’empressent de porter dès qu’on le leur ordonne (ah ! le tunique-leggings-ballerine, ah le slim-T-shirt rock…), même si ça ne leur va pas forcément, même si TOUTES leurs potes sont habillées pareil. Bref, j’aime la mode, mais je ne suis pas un mouton, et je n’aime pas qu’on s’adresse à moi comme si j’en étais un. Sans déconner. Mes amies, mes sœurs, liberté, liberté chérie, allez quoi !

Pour finir, voici spécialement pour vous trois petits extraits de magazines (je ne citerai pas de noms, ils sont tous pareils les féminins de base):

« Le maquillage à adopter ». Traduction :  it maquillage qui te fera peut-être ressembler à une voiture volée, ou, à l’inverse, à un cadavre, mais c’est comme ça, ne discute pas.

« L’accessoire du moment  : le mini-sac » = it sac dans lequel tu ne pourra rien mettre, mais tant pis pour toi, tu dois absolument l’avoir. Le« must have » de la saison quoi. A méditer, cette expression. MUST. HAVE.

Enfin, « on zappe les pantalons d’homme glissés dans la tige des boots » = ça c’était it l’an dernier, même si tu as kiffé passe à autre chose.

Bon je vais arrêter là moi, je commence à avoir chaud.

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Cupcakes suck!

English: Store bought cupcakes.

English: Store bought cupcakes. (Photo credit: Wikipedia)

Il paraît que la mode a été lancée aux US par les nénettes de Sex and the City au tournant du millénaire. Voilà déjà trois à quatre ans que l’invasion a commencé à Paris … J’ai compté, dans un rayon d’un kilomètre autour de chez moi, il y a déjà CINQ cupcakeries. Oui, c’est bon, ça va, j’habite chez les bobos.

Depuis le début, je m’interroge. Pourquoi, mais POURQUOI diantre ces machins-là ont-ils un tel succès ? Pendant des années, j’ai fait de la résistance. Je ne voulais pas y goûter, juste parce que tout le monde le faisait. Et puis, il y a quelques jours, j’ai craqué. Par deux fois. Première expérience plutôt réussie chez Miss Cupcake. Mais rien d’extraordinaire non plus : un cake chocolat avec des morceaux de noix, un glaçage un peu lourd mais pas au point d’être écoeurant… Mes souvenirs sont plus flous quant à ma deuxième tentative (comme quoi, n’est pas madeleine qui veut…). Les premières notes sont chimiques. Et puis, très vite, mes papilles me supplient d’abréger leurs souffrances, submergées qu’elles sont par un horrible goût de gras sucré. Mon cerveau enregistre donc les informations suivantes : « cupcake = petit gâteau mignon, surmonté d’un glaçage qui peut être de fort mauvais goût ». Pas de quoi en faire tout un fromage, donc.

À cette définition très subjective, j’ajoute : « Vendu dans une boutique rose ».

Et là, je pose, et même chez te pose, très cher lecteur, très chère lectrice, cette question de la plus haute importance. Pourquoi, mais POURQUOI les boutiques de cupcakes sont-elles peintes dans des couleurs con-con-la-praline ? Alors je sais, tout ça est censé faire rétro. Mais bon, dans les années 50 tout n’était pas rose bonbon si ?

Si tu as la réponse, je t’en prie, éclaire-moi. En attendant, voici ma théorie.

Premier indice : « mignon » + « rose bonbon » = pour les filles. Déjà, ça fait plaisir, merci beaucoup. Sachant ensuite que cette adorable petite chose n’a aucun réel intérêt gustatif, je dirais que si les cupcakes cartonnent autant, c’est juste parce que quand les parisiennes en achètent, elles ont trop l’impression d’être en pleine série girly, à New York City. 

De mon côté, je pense sérieusement à me faire tatouer un joli «  chouquettes forever » sur le biceps droit.

Une dernière chose : Marie-Antoinette et les macarons, Sex and the City et les cupcakes, à quand une petit remake de la Soupe aux Choux pour lancer une nouvelle tendance odoriférante à souhait?

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