Incartade capillaire

 

Je suis allée chez Pascal Coste.

 

Pour ceux qui l’ignorent, Pascal Coste est au salon de coiffure ce que Mac Do est à la restauration, ce que Ryanair est à l’aviation. Une franchise de 148 salons (France + Espagne), particulièrement implantée dans les centres commerciaux. Le temple de la coiffure cheap et pas chic. La grande classe quoi.

 

Mais alors pourquoi, pourquoi ai-je fait CA ?

 

Je l’ignore. En rentrant d’une conférence de presse, où tout le monde était très bien habillé et très bien coiffé, j’ai vu mon reflet dans une vitrine et j’ai immédiatement appelé ma coiffeuse attitrée, celle à qui je rends visite depuis 13 ans, qui sait tout de moi, de mon cuir chevelu et de mes bulbes capillaires. Elle n’était pas dispo. J’étais vraiment mal, il me fallait un coiffeur là, maintenant, tout de suite. Et là, je ne sais plus très bien ce qui s’est passé – je soupçonne les attachées de presse  d’avoir mis du GHB dans mon jus d’orange –  mais ma vue s’est brouillée, j’ai chancelé, et l’instant d’après, je me retrouvais les cheveux mouillés, face à un manager en costume Massimo Dutti dont les yeux me souriaient à travers ses lunettes sans monture à la Delarue, version grande époque of course. Massimo Dutti pour ceux qui l’ignorent est aux costumes pour hommes ce que Pascal Coste est à la coiffure pour dames.

 

Après avoir donné quelques coups de ciseaux de traviole, la gentille coiffeuse m’a demandé si je voulais un brushing, ce à quoi j’ai répondu : « non merci, un séchage naturel ça ira très bien ». Selon toute vraisemblance, la drogue a également dû  affecter mes perceptions auditives car il me semble qu’après ça, la gentille coiffeuse m’a demandé au moins sept fois de suite, d’un air atterré : « mais vous ne faites jamais de brushing chez vous ? »… Tout en me faisant un brushing que Sue Ellen m’aurait envié. Mes boucles, mes ondulations et mes frisottis me chuchotaient à l’oreille : « Vas-y, plante-lui ses ciseaux dans la jugulaire! », mais je leur ai rappelé notre origine commune, à eux et à moi, à savoir le pays de Gandhi.

Je suis rentrée à la maison dans un drôle d’état, tout de même reconnaissante à Pascal de m’avoir permis de comprendre – enfin –  ce qui pousse le mec maqué depuis des années à un canon de tromper sa bombe atomique avec le premier tromblon rencontré au Macumba, un soir de séminaire d’entreprise. Et c’est la certitude que j’allais me coucher moins ignorante cette nuit là qui m’a donné la force de rester stoïque quand mon mec, découvrant ma nouvelle coupe (une sorte que carré dégradé avec des cheveux plus longs en dessous), s’est fendu d’un aimable

An English Cocker Spaniel at a dog show

 

: « alors, tu te tapes un trip cocker ? ».

Morale de l’histoire : la fidélité, ça a parfois du bon.

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