Je nous revois, la tête dans les mains, les longs silences accablés succédant aux exclamations d’effroi. Je nous entends, maudire Jupiter de nous avoir précipités dans cette situation cauchemardesque. Je me souviens avoir pensé que s’il nous y avait précipités, c’est qu’on était tout de même déjà sacrément près du bord.
Mobilisation générale, procurations, aux urnes s’en furent les citoyens effrayés.
Deuxième tour, et ce grand OUF de soulagement, ces cris de joie, ces larmes.
Et puis les vacances, et puis la vacance des postes, et puis tout ce que vous savez, l’ordre l’ordre et encore l’ordre, les belles heures du colonialisme, l’Etat de droit avec mémé dans les orties (même si on a essayé de relever mémé des orties après l’y avoir poussée en se fendant d’un joli communiqué…) . Et puis tout ce qui est à venir.
Depuis le premier tour des législatives, la même question me hante. La même que celle qui me hante face à la crise écologique dans laquelle nous entrons rapidement et sûrement : qu’allons-nous faire ?
J’ai noté ces phrases de @yasmina_auburtin dans le fantastique MOOC Imagine 2050, dont je vous reparlerai : « Ce qui fait l’histoire ce sont des processus et des points de bascule, des moments clés où se présente une choix : FAIRE QUELQUE CHOSE OU NE RIEN FAIRE. (…). L’avenir, ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons en faire ».
Qu’allons-nous faire, donc ?
Nous ne pouvons plus nous contenter de voter, et de nous laver ensuite les mains en confiant le bébé aux politiques. Notre système politique est déglingué, c’est peu de le dire, et il va mettre du temps à se remettre d’aplomb.
Et 2027, c’est demain.
Oui, nos vies sont déjà beaucoup trop remplies. Mais allons-nous rester là, passifs, à regarder l’histoire, la politique, l’économie et le ciel nous tomber sur la tête? Le monde entier nous envie ce pays dans lequel nous vivons, ce pays « béni des dieux » comme le disait mon indienne de grand-mère. Que faisons-nous pour lui rendre au moins un peu de tout ce qu’il nous donne ?
Indignez-vous, nous exhortait Stéphane Hessel. Il me semble que nous sommes le pays de l’indignation permanente, et c’est je trouve tout à notre honneur. Continuons à nous indigner, comme nous y encourage @salomesaque.
Mais il en faut plus, désormais.
Il nous faut nous engager. « Car nous sommes noirs, nous sommes blancs, nous sommes jaunes et ensemble nous sommes de la DYNAMITE ! »